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 [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith

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Sirÿa Rahji
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MessageSujet: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Dim 4 Déc - 21:08

Sirÿa regarda une dernière fois, les yeux brumeux, les babioles suspendues à l’arche. Le vent, tellement léger qu’il s’apparentait à un souffle d’endormi, les balançait doucement, créant une musique. La jeune femme ferma les yeux et se recueillit. Elle se passa quelques souvenirs joyeux, de soirée sentant bon l’encens et goûtant les dattes. Son mari riait, allongé sur un sofa et elle, Sirÿa fraîchement mariée, l’observait avec admiration. Elle ignorait si ce moment était authentique ou si son esprit l’avait rafistolé à partir de brides restées dans un coin de sa mémoire. Ce n’était pas important, elle se laissait porter.  

Les cliquetis se firent plus forts, signe que le vent se levait. La femme sentait les grains de sable chatouiller ses chevilles malgré la longue tunique. La saison des tempêtes était finie depuis longtemps, mais la température tombait suffisamment vite le soir pour dissuader qui que ce soit de traîner dans les dunes. Le soleil tapait moins fort à présent, il fallait rentrer pour ne pas se laisser surprendre par l’obscurité. La veuve soupira longuement avant de se résoudre à faire demi-tour.

Shayan était resté près des chevaux, préférant se tenir éloigné de tout ce qui était lié à Ajlan ou sa mémoire. Personne ne lui en tenait rigueur. Les bêtes se montraient calmes, comme souvent en cette saison. A croire que ces quadrupèdes connaissaient mieux le futur que certains escrocs du marché. Sirÿa se tourna vers Neith et lui adressa un petit sourire triste. L’esclave semblait être la seule chose durable dans le monde de la veuve, sûrement parce que la pauvre n’avait pas le choix ni d’endroit où fuir. La marchande se dirigea vers la jeune femme avant de s’immobiliser à quelques pas.

"Nous ferions mieux de rentrer à présent. Nous passerons la nuit à Tadala, c’est plus prudent."

Elle avait parlé fort, à l’attention de ses deux compagnons de voyage. La prudence n’était pas dans son caractère, mais Sirÿa préféra se montrer prévenante afin d’épargner à Shayan un long discours sur la dangerosité des voyages dans le désert. Ce dernier fit un signe de tête et se prépara à partir. Le connaissant, il allait rester muet jusqu’au lendemain, le temps de ruminer les vieux et pénibles souvenirs du défunt.

"Une fois rentrées, je voudrais que tu me confectionnes une nouvelle tunique. Je n’en peux plus des habits traditionnels, je ne veux plus afficher mon veuvage aux yeux de toutes."

Cette fois, elle ne parlait qu’à son esclave. Elle se hissa sur le dos de sa monture et lança à nouveau ce sourire triste à l’autre jeune femme.




Dernière édition par Sirÿa Rahji le Ven 14 Avr - 15:10, édité 3 fois
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Neith Rahji'Akam
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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Ven 9 Déc - 22:20

Some legends are told, some turn to dust or to goldft. Sirÿa
Neith observa sa maîtresse tandis que celle-ci se recueillait, silhouette élancée dont la tunique se balançait au gré de la brise, les grains de sable la faisant de temps à autre paraître brouillée, comme si elle disparaissait entre les coups de vent, fantôme d’elle-même depuis la mort d’Ajlan.
L’esclave, quant à elle, restait à l’écart, quelques mètres plus loin, une allure repentie mais aucune pensée doucereuse pour l’homme qui l’avait malmenée durant toutes ces années. Elle était reconnaissante de la misère dont il l’avait sortie, il y a de cela plusieurs années, et elle appréciait tout ce qu’il avait fait pour sa maîtresse. Mais les remarques acerbes et les regards noirs ne lui manqueraient pas. Elle suspectait d’ailleurs Shayan, qui était resté près des montures, d’entretenir des pensées similaires. Elle ne pouvait pas vraiment lui en vouloir.
La fin du jour commençait à poindre, et enfin, Sirÿa se détourna de sa contemplation avec un soupir. La tristesse était palpable dans sa démarche, dans le sourire qu’elle adressa à Neith, et un instant l’esclave se sentit coupable de ne pas éprouver de peine à la mort du vieil homme. Un instant seulement.
Elle emboîta le pas à sa maîtresse tandis que celle-ci déclarait qu’ils séjourneraient à Tadala ce soir encore. Neith retint un sourire soulagé. Elle n’avait aucune envie de quitter la ville, et envisager une nuit supplémentaire dans le confort de son foyer la rassura, mais elle ne s’autorisa pas à piper mot. Les désirs de sa maîtresse passaient avant tout, et si elle désirait fuir cette ville au sein de laquelle elle semblait hantée par des démons invisibles, ainsi soit-il.
Shayan les attendait, bras croisés, et approuva la décision de son employeur d’un signe de tête.
- Une fois rentrées, je voudrais que tu me confectionnes une nouvelle tunique. Je n’en peux plus des habits traditionnels, je ne veux plus afficher mon veuvage aux yeux de toutes.
- Bien maîtresse.
La réponse était spontanée, répétée tant de fois qu’elle était devenue seconde nature. Neith se mit aussitôt à réfléchir à la tunique qu’elle pourrait confectionner pour l’autre jeune femme, les balancements de sa monture la berçant, bien qu’elle soit toujours un peu mal à l’aise aux allures supérieures, se cramponnant au harnachement avec ferveur pour ne pas chuter.
Ils sillonnèrent les rues, Sirÿa bien moins exubérante qu’à l’accoutumée, presque renfermée sur elle-même, et Neith ressentit de nouveau un pincement au cœur tandis qu’ils regagnaient la demeure, sous les regards d’une part de la foule.
Elle s’attela presque immédiatement à son ouvrage, récupérant des tissus préalablement sélectionnés par la marchande d’esclaves, attrapant au passage fils, aiguilles et ciseaux. Elle caressa des doigts révérencieux sur les pans de matériau, appréciant leur finesse et leur élégance avec un sourire en coin, et se mit au travail.
Elle n’émergea que quelques heures plus tard, le soleil couché depuis longtemps mais Sirÿa n’étant apparemment pas parvenue à trouver le sommeil, et présenta le début de son travail, demandant silencieusement confirmation à sa maîtresse pour continuer. Si celle-ci n’appréciait pas, elle recommencerait une nouvelle fois. Elle espérait cependant la trouver satisfaite, souhaitant pouvoir profiter d’une partie de sa nuit avant le voyage qui les attendait.
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Sirÿa Rahji
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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Dim 8 Jan - 22:33

Le voyage jusqu'au marché fut silencieux. À peine son cheval avait-il commencé sa marche que Sirÿa s'était noyée dans la nostalgie. Ainsi perdue dans ses souvenirs, la veuve en oublia sa posture habituelle, son corps se relâcha et son dos se voûta légèrement. Elle ressemblait à une vieille veuve aigrie par le chagrin. Son regard était éteint et l'énergie qu'elle dégageait habituellement semblait l'avoir quittée. La jeune femme demeura amorphe jusqu'à leur arrivée en ville. Devant les portes, la marchande eut un sursaut et tenta, en vain, de faire bonne figure. Shayan s'occupa de tout, parla à sa place et son employeur n'eut qu'à s'installer dans sa chambre, soupirant comme si elle avait passé sa journée à travailler aux champs. Elle ne sortit au marché que pour sélectionner, en compagnie de son esclave, des tissus pour ses nouvelles tenues. De retour dans sa chambre, Sirÿa refusa de dîner et s'installa sur un divan. Il lui sembla qu'elle s'endormait, mais ne parvint pas à se laisser totalement aller. Son corps se débattait pour rester alerte tandis que son esprit vagabondait de souvenirs en scènes imaginées. La jeune femme se sentait piégée dans un état secondaire, comme si elle ne parvenait pas à émerger d'un mauvais rêve. Finalement, elle réussit à se lever et s'approcha de l'ouverture donnant sur la ville afin de contempler la vue. Derrière elle, elle entendit le bruit léger de pas sur les dalles. Neith attendait respectueusement qu'on lui adresse la parole avant d'oser ouvrir la bouche. Sirÿa, en un signe de tête, lui indiqua de s'avancer. La pénombre l'empêchait de distinguer correctement les finitions des tenues. À la place, la jeune femme prit le vêtement en main et passa ses doigts sur les coutures.

"Tu aurais pu dormir et faire ça de façon concentrée et reposée au lever du jour."

Ne découvrant aucun défaut contraignant, la maîtresse n'ajouta rien. Elle se contenta de déposer l'ouvrage sur le sofa et de se retourner pour que son esclave l'aide à retirer sa tunique longue afin d'essayer les nouvelles. Le tissu noir, symbolisant son deuil, tomba sur ses chevilles en un bruissement discret. La nouvelle tunique était plus lourde, mais également plus agréable à porter. Le tissu n'était pas nakthi, la marchande le devinait à son poids et à la densité du tissage.

"Allume donc une lampe à huile, qu'on puisse admirer ton travail en lumière."

Si les mots choisis faisaient penser à un compliment, Sirÿa avait parlé d'un ton las et fatigué. L'ouvrage de Neith était joli, en accord avec les formes et le caractère de sa maîtresse. En temps normal, Sirÿa aurait eu un sourire en coin en s'imaginant se pavaner avec le vêtement, orné de divers bijoux très voyants. Mais pas ce soir. Elle voulait juste une tenue qui ne fasse pas deuil, une tenue qui ne permettait pas à tout un chacun de deviner son statut social. La jeune femme préférait avoir un contrôle total sur les informations qu'elle offrait à la vue de tous.

Elle ne s’observa que quelques secondes avant de retirer la tunique et de demander à Netih d'e l'aider à enfiler sa tenue de nuit. Elle semblait pourtant moins préoccupée que ces derniers jours. Juste absente. Ses yeux ambrés balayaient la pièce sans jamais se fixer sur un objet précis.

"Dis moi, Neith. Qu'est-ce que tu penses de tout ce qui se passe ?"

Poser une question si ouverte, si personnelle à son esclave ne ressemblait pas  à Sirÿa. Pourtant, la phrase était sorti naturellement, alors que son regard semblait irrésistiblement attiré par l'horizon. Les étoiles et la lune, immobiles, la fascinaient soudainement. La veuve semblait étonnamment apaisée, comme jamais depuis la maladie d'Ajlan.


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Neith Rahji'Akam
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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Dim 8 Jan - 23:24

How far I’ll goft. Sirÿa
La bise faisait voleter les cheveux de sa maîtresse, tandis que Neith attendait, patiente. Lorsque Sirÿa se retourna, se fut pour se saisir du vêtement, inspectant les coutures avec une moue renfermée qui parut étrange à l’esclave. Mais Neith ne pipa mot.
-  Tu aurais pu dormir et faire ça de façon concentrée et reposée au lever du jour.
Neith esquissa un sourire, se permettant de jeter elle-même un coup d’œil à la ville illuminée par les lampes des habitations, s’enivrant un instant des senteurs si familières de Tadala qui l’enveloppaient.
- Je pensais que tu souhaiterais l’avoir au plus vite. Et je ne savais pas quand tu désirais partir, demain.
Elle avait adopté un ton doux, moins joueur qu’à l’accoutumée. Sirÿa ne releva pas, et continua d’inspecter la tunique. Neith l’aida à la passer, lorsqu’elle sembla satisfaite. Elle ajusta le tissu sur le corps de sa maîtresse avec des gestes précis, réorganisant les bijoux, lissant les plis. Elle se saisit ensuite du vêtement de deuil que Sirÿa avait laissé tomber, le plia, et le posa plus loin, allumant au passage une lampe, comme sa maîtresse le lui avait demandé.
Tandis que Sirÿa inspectait son travail, Neith observait sa maîtresse. Celle qui d’habitude se serait regardée sous toutes les coutures en se pavanant pour tester l’allure que lui donnait le vêtement restait muette et immobile, sensiblement lasse. Neith voulut, pendant quelques instants, la prendre dans ses bras pour la réconforter. Mais, dans ces circonstances, elle avait peur que le contact soit loin d’être le bienvenu. Elle se contenta donc de se rapprocher, attendant le verdict, n’osant pas troubler le silence par des discussions futiles qu’elles échangeaient parfois.
Puis il fut temps d’enfiler la tenue de nuit, et là encore, Neith fut troublée par l’attitude de sa maîtresse. L’occasion souvent pour cette dernière de raconter une anecdote quelconque à Neith, ou pour simplement donner son avis sur une des personnes croisées ou l’une des scènes observées durant la journée, ce moment parut pourtant cette fois presque solennel, marqué par le silence des deux jeunes femmes, qui se mouvaient par habitude en une danse tant de fois répétée.
- Dis-moi, Neith. Qu'est-ce que tu penses de tout ce qui se passe ?
La question la pris au dépourvue. Elle se stoppa, tandis qu’elle avait entrepris de ranger la pièce, et s’assit délicatement sur le sofa, prenant le temps de réfléchir à la question d’abord. Puis, à la réponse. Formuler ses idées n’était pas toujours facile : Neith était là pour obéir à Sirÿa, pas pour avoir sa propre opinion des choses, encore moins pour la communiquer. Ce qui ne l’empêchait évidemment pas d’en avoir une. Elle ne pensait simplement pas avoir un jour à l’articuler de façon cohérente, d’autant plus qu’elle ne désirait aucunement offenser sa maîtresse, qui semblait déjà bien peinée.
- Je … Je ne suis pas sûre, à vrai dire. Partir, c’est un si grand changement. Nous sommes si bien, ici, à Tadala. Mais … je sais que les dernières semaines, les derniers mois n’ont pas été faciles pour toi. Alors, si tu veux partir, je comprendrais. Si cela peut te soulager, il se peut même que je ne m’en plaigne pas trop, ajouta-t-elle en un sourire joueur, pour essayer de détendre l’atmosphère.
Sirÿa s’était installée à côté d’elle, et son air si perdu poussa Neith à se saisir de sa main et à la serrer un instant, essayant de la rassurer. Elle continua, plus doucement encore :
- Dans tous les cas, quelque soit ton choix, je te suivrai. C’est mon devoir, après tout.
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Sirÿa Rahji
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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Mer 1 Fév - 22:06

La question surprit visiblement l’esclave mais Sirÿa ne le remarqua qu’à peine. Son esprit était ailleurs, ses idées étaient éparpillées. Elle s’avança en direction de l’ouverture, s’appuyant sur le rebord et observa, l’air toujours aussi rêveur, l’horizon. Un petit vent doux venait caresser sa peau et jouer avec quelques mèches de cheveux noirs. Elle n’y resta qu’un instant, se détournant vite afin de s’installer auprès de son esclave sur le sofa, habituée à une telle proximité avec Neith.

"Je … Je ne suis pas sûre, à vrai dire. Partir, c’est un si grand changement. Nous sommes si bien, ici, à Tadala. Mais … je sais que les dernières semaines, les derniers mois n’ont pas été faciles pour toi. Alors, si tu veux partir, je comprendrais. Si cela peut te soulager, il se peut même que je ne m’en plaigne pas trop. Dans tous les cas, quel que soit ton choix, je te suivrai. C’est mon devoir, après tout."

Elle hocha la tête, mais prit un instant avant de répondre. Son regard ambré fixait un coin de la pièce et ses mains jouaient avec le tissu déjà froissé de sa tenue. Les derniers souvenirs de son époux défilèrent encore durant une poignée de secondes puis elle revint finalement à elle. Son cœur battait vite et fort, une boule s’était logée dans sa gorge. La fatigue la rendait émotive.

La marchande secoua la tête et se frotta le visage des deux mains, comme pour se réveiller d’une sieste. Ressaisis-toi. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus honte de se dévoiler devant Neith, mais ce n’était pas pour autant qu’elle se laissait totalement aller, même seule.

"Oui. Partir me semble être une bonne idée."

Elle marqua une pause.

"Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions d’augmenter notre ulwazi. Toi encore moins. Et puis, respirer autre chose que du sable ne fera du mal à personne."

Encore une fois, elle se tut et entreprit de s’étirer. Ses bras maigres se levèrent au-dessus de sa tête alors qu’elle ferma les yeux un instant.

"Et puis, il est temps d’exporter le charme nahkti chez nos voisins."

Son visage se tourna en direction de Neith et lui adressa un sourire franc. Penser au voyage, à toutes les choses qu’elles allaient découvrir, les modes, les tissus, l’architecture, les villes, semblait lui redonner un coup de fouet. La marchande se redressa, prit le temps de lisser sa tunique et revint se positionner dans l’ouverture du mur. Cette fois, elle adopta une position bien plus fière. Son regard balayait l’horizon comme s’il s’agissait de son royaume.

"Je doute que cela réjouisse Shayan, ou qu’il fasse le moindre effort afin de se montrer poli dans les autres contrées, mais on ne va pas lui en demander trop, le bougre."

Elle eut un petit rire en y songeant. Non, vraiment, son garde du corps aurait sûrement du mal à s’adapter aux autres cultures, en revanche il sera bon de l’avoir à ses côtés dans les auberges le long des routes ou pour empêcher des voyous de les détrousser. Avoir des projets lui permettait d’oublier un peu Ajlan, sans pour autant le sortir totalement de son crâne. De toute façon, il rôdait autour d’elle et ne comptait pas la laisser tranquille pour le moment. Elle en était convaincue, mais cette idée l’effrayait moins que la veille.


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Neith Rahji'Akam
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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Lun 6 Fév - 0:41

Just Say
You Won’t Let Go
ft. Sirÿa
Sa déclaration sembla laisser Sirÿa perplexe. La jeune femme avait défait ses mains de la prise douce de Neith, et fixait un point invisible derrière l’esclave, son expression perdue lui renvoyant une impression d’oiseau blessé qui donnait à Neith l’envie irrépressible de la protéger du monde, autant qu’elle le pouvait. Mais Sirÿa était libre, un esprit indomptable. Elle ne se laisserait pas enfermer, pas contraindre. Pas même pour sa propre sécurité. Neith le savait. Sirÿa le confirma.
- Oui. Partir me semble être une bonne idée.
Si le départ ne lui avait jamais vraiment semblé un concept abstrait, l’entendre ainsi confirmer par sa maîtresse lui donna un instant des frissons dans le dos. Elle qui pensait s’être suffisamment préparée à l’idée de quitter Tadala et de parcourir les grands espaces en compagnie de leur petit groupe, elle se retrouvait figée par la peur, par l’angoisse viscérale de l’animal sortit de son territoire et projeté en terre inconnue. Mais Sirÿa semblait tant absorbée dans sa propre réflexion qu’elle ne le remarqua pas. Ainsi, Neith se força au calme, essuyant discrètement la sueur de ses paumes sur sa tunique.
- Nous n’avons pas eu beaucoup d’occasions d’augmenter notre ulwazi. Toi encore moins. Et puis, respirer autre chose que du sable ne fera du mal à personne.
La mention de son ulwazi lui fit contenir une grimace. Il était clair que Neith n’avait guère eu l’occasion d’améliorer celui-ci, entre ses années de servitudes forcées à ne faire que le dur labeur, et les années passées aux côtés de Sirÿa et de son mari, intéressantes mais loin d’être riches en nouvelles connaissances. Peut-être sa maîtresse avait-elle raison. Neith n’avait jamais vu les plaines recouvertes d’herbe, ou les montagnes dont parlaient si bien les commerçants du marché. Elle essaya d’imaginer la verdure, et les peuples qui y habitaient, sans succès. Le sable que Sirÿa décriait était sa maison, un souffle rassurant tout autour d’eux, et Neith était réticente à quitter ce cocon, bien qu’il pouvait parfois se montrer étouffant.
La remarque suivante de Sirÿa eut au moins le mérite de faire sourire l’esclave. Imaginer sa maîtresse, si fière et bourgeoise, dans des auberges incongrues était tout à la fois effrayant et amusant.
Elle rendit son sourire à Sirÿa, heureuse de la voir reprendre soudain pied dans la réalité, et se mouvoir jusqu’à la fenêtre dans une posture bien plus caractéristique de son personnage que celle de l’enfant perdue. Le menton levé, elle observait l’horizon avec indigence, prête à surmonter tous les obstacles qui se dressaient sur sa route. Quoi qu’il advienne, Neith serait là pour l’épauler. Et elle ne serait pas seule.
- Je doute que cela réjouisse Shayan, ou qu’il fasse le moindre effort afin de se montrer poli dans les autres contrées, mais on ne va pas lui en demander trop, le bougre.
La remarque fit écho aux pensées de l’esclave. Et si cela semblait faire doucement rire sa maîtresse, Neith s’en trouvait surtout rassurée. Avoir le grand gaillard à leurs côtés en permanence était une assurance dont elle n’était pas prête à se défaire. Shayan était un homme sur lequel elles pouvaient toutes deux compter en cas de problèmes, et Neith lui faisait confiance pour garder la vie de Sirÿa tout autant que la sienne, ce qui n’était pas un mince compliment venant d’elle. Il serait, lors de ce voyage si déstabilisant, comme un pilier sur lequel se raccrocher, une lumière au milieu de l’obscurité. Neith ferma un instant les yeux, et sourit.
- Puisqu’il en est ainsi, je m’en vais préparer nos affaires pour le départ,  dit-elle finalement, se relevant et se dirigeant en direction de la porte.
Elle continua d’observer un instant Sirÿa, et lorsque cette dernière se tourna finalement dans sa direction, lui demanda :
- Des exigences particulières, quant à ce qu’il me faut empaqueter ?
Elle prit note de chacune des demandes de la jeune femme avec diligence, organisant déjà les sacoches de la façon la plus ergonomique possible dans son esprit, faisant le tri de ses propres besoins. Lorsque ce fut fait, et qu’elle eut souhaité bonne nuit à Sirÿa, elle s’éclipsa, pas complètement sereine à l’idée du départ, mais prête à faire ce qu’il fallait pour rendre ce voyage profitable à tous, et surtout à Sirÿa.
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Sirÿa Rahji
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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    Jeu 23 Fév - 20:18

Sirÿa continuait d'admirer la vue. Le souffle du vent sur son visage la faisait sourire comme s'il s'agissait d'un esprit joueur caressant sa peau. Une fois son ulwazi enrichi par son long périple, elle reviendrait ici plus influente que jamais et rebâtirait un empire, seule ou au bras d'un nouveau mari. Les marchands puissants et célibataires ne manquaient pas à Tadala et une union pouvait s'avérer plus stratégique qu'une longue concurrence. Ajlan serait fier de la voir devenir la femme la plus respectée du marché.

Derrière la jeune maîtresse, l'esclave se leva et se dirigea vers la porte. Sirÿa prit le temps de balayer une dernière fois l'horizon du regard avant de se retourner, s'appuyant contre le rebord, les bras croisés sous la poitrine.

"Des exigences particulières, quant à ce qu’il me faut empaqueter ? "

La femme prit le temps de la réflexion, s'égarant dans ses pensées l'espace d'une poignée de secondes.

"Par pitié, aucune tenue de deuil. Je ne veux que le plus beau, le plus remarquable, que ce soit en vêtements ou en bijoux. Je me dois d'impressionner chaque bourgeois et noble de l'Empire, chaque riche propriétaire foncière des Qiang et la reine naidienne elle-même si l'occasion m'est offerte."

Elle marqua une pause, souriant en s'imaginant pénétrer dans les plus beaux salons étrangers et sentir tous les regards se tourner vers elle.

"Ajoute également de quoi monter et de quoi survivre au froid des contrées voisines."

Le climat était sa plus grande appréhension. Sa peau était habituée à être léchée par les rayons de soleil. Des voyageurs leur avaient dit qu'il pouvait faire aussi froid en journée à Hinide que lors des nuits les plus rudes du désert. Cette idée la laissa songeuse et elle ne fit qu'acquiescer lorsque Neith s'éclipsa pour la nuit.

Lorsqu'elle revint à elle, Sirÿa fut frappée par sa chambre vide et un frisson remonta le long de sa colonne vertébrale. Sans se préoccuper de sa tenue légère, la veuve sortie de la pièce avec précipitation afin de retrouver Shayan. La bâtisse était silencieuse. Ses pas sur la terre cuite ne produisaient aucun son. Toute la ville semblait endormie. Un instant, elle se demanda si elle ne s'était pas égarée dans le monde des esprits. Elle se sentait soudainement si seule dans ce désert. Blanche comme la lune, elle retrouva son protecteur à aiguiser un couteau, assis à même le sol, chantonnant dans sa barbe quelques vieux chants nomades. Honteuse de cette montée d'angoisse, elle fit mine de lui reprocher de ne pas s'être présenté plus tôt dans sa chambre. Il s'excusa sans grande conviction, mais cela sembla suffisant. Rassurée par sa présence, la jeune femme put retrouver son lit et tomber dans un sommeil lourd, comme si toutes ces émotions et songes l'avaient fatiguée à l'extrême.


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MessageSujet: Re: [terminé] Laissons le passé là où il est - Neith    

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