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    le Ven 22 Sep - 20:27

    Octans et Eiranos arrivent d'ici !

    Retour à la civilisationavec Octans
    Malgré l’apparition du pêcheur à pied, le chemin jusqu’à Talehe fut une transition appréciée entre la quiétude du bassin et l’agitation de la ville. Le rire d’Octans, tout autant que les bruits de pas des chevaux, rythma la dernière partie du voyage, berçant Eiranos jusqu’à le faire tomber dans un état contemplatif, presque en hypnose. L’atmosphère autour d’eux était totalement différente des jours précédents, et même de quelques heures auparavant. La proximité de leur but jouait sans doute, ainsi que le fait qu’il se sente de plus en plus à l’aise sur le dos de Marchevent, ce qui ne pouvait que l’aider à se détendre ; et surtout, un mur semblait être tombé entre eux, un mur de non-dits et d’ambiguïtés. Ça sonnait bien, comme image, trouva le moine : cette idée de frontière, de séparation solide, d’isolement… Puis il se rendit compte que c’était peut-être pas tout à fait adapté. C’était sous-entendre qu’ils étaient deux à avoir construit ce mur, alors qu’il en avait sans doute été le principal – si ce n’était le seul – instigateur, à coups de désirs et de questionnements torturés. À présent qu’ils savaient ses désirs partagés et que les questionnements avaient trouvé leurs réponses, le mur s’était déconstruit pierre à pierre et ils chevauchaient enfin réellement côte à côte.

    Il rit à son tour, par petits éclats courts et incertains, ne sachant trop s’il devait surtout se réjouir ou s’émouvoir de cette évolution. Il se posait encore la question quand il réalisa qu’ils arrivaient en ville, et il n’eut pas à se forcer pour ravaler son rire. Retour à la civilisation, ou à ce qui s’en approchait le plus. Eiranos n’était bien sûr jamais venu au royaume Naidii et il n’avait jamais croisé de Naidien – Evelyn avait certes des origines méridionales mais il en faisait peu cas. Il en avait donc l’idée largement répandue parmi les Ivrians, et que les moines de Muvaï, peu portés sur la tolérance, n’avaient jamais cherché à démentir : celle d’un peuple d’oisifs qui préféraient lézarder au soleil en attendant que les poissons sautent seuls dans leurs filets plutôt que travailler activement. Il s’attendait à une architecture simpliste ou négligée, sur le modèle de Cairne – il faut dire aussi que ses seuls points de comparaison possibles étaient Hinide (dont il n’avait qu’un vague souvenir, et il était impensable qu’une autre cité ait la prestance de la capitale), Muvaï (mais qui n’était finalement pas une vraie ville et qui s’était bâtie en fonction de son climat particulier) et ce repaire de voleurs, donc le choix était vite fait.

    Il fut donc agréablement surpris de trouver une ville propre sur elle ; encombrée, certes, mais pas foncièrement repoussant. Ignorant tout de la situation politique du royaume, il mit cette surpopulation sur la fainéantise des locaux, qui s’entassaient pour ne pas avoir à construire des logements supplémentaires. Eiranos formulait ces hypothèses sans porter le moindre jugement : pour lui, les hommes étaient comme ils étaient ; les Naidiens étaient paresseux, on ne les changerait pas. À eux et à ceux qui les côtoyaient de s’en accommoder. Il était prêt à faire preuve de tolérance, dans certaines limites. Il voulait bien se conformer aux usages et façons de faire locaux mais pas sacrifier trop de confort. Surtout après huit jours sur les routes.

    Heureusement, l’auberge sur laquelle Octans jeta son dévolu avait l’air acceptable. Il ne faudrait sans doute pas trop attendre du matelas qu’on lui offrira mais ça ferait l’affaire.

    - C’est très bien, répondit le moine à l’interrogation muette de son compagnon.

    À son tour, il mit pied à terre et entra dans la cour attenante à l’estaminet pour y laisser sa monture. N’ayant pas la moindre idée de comment on s’occupait d’un cheval et n’ayant aucun intérêt pour ça, il se contenta de mettre pied à terre et de tendre les rênes au premier garçon d’écurie venu puis attendit Octans avant de pénétrer dans l’établissement.

    L’intérieur était malheureusement un cran en-dessous de ce qu’il espérait. Un peu plus sombre, un peu plus sale, un peu plus bruyant – même s’il eut l’impression que, pendant un instant, leur entrée transforma certaines conversations enjouées en chuchotements curieux. Brièvement, l’envie de ressortir pour chercher quelque chose de plus convenable se leva en lui mais elle fut vite chassée par la fatigue de ces derniers jours de trajet, qui refaisait surface. Se contentant d’une moue et d’un soupir de déception, il se dirigea vers une petite table inoccupée, dans un coin sombre.




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    le Ven 13 Oct - 10:15

    Confier l'étalon à quelqu'un fut la chose la plus difficile qu'il eut à faire dès leur arrivée à l'auberge. En effet, s'il avait été seul, il l'aurait de lui même mené aux écuries afin de lustrer sa robe, vérifier l'eau et le fourrage, savourer quelques instants de calme. Il aurait fredonné sans doute. Quelques notes pour se vider l'esprit avant d'affronter le bruit des hommes riant à gorge déployée, les sons éloquents provenant de l'étage, et la curiosité des uns, des autres, mal placée et inconfortable.Celle qu'ils se prennent en pleine figure à peine la porte poussée, en plus des regards convergeant vers eux, détaillant leur allure. Moine et nomade, toujours les mêmes pensées derrières les yeux plein de jugements qui, un instant, font froncer ses sourcils, ralentir son pas, avant qu'il ne se ressaisisse. Car il s'en fiche Octans sur le moment, il se dit que c'est de la bêtise et il suit simplement son compagnon jusqu'à la table derrière laquelle il s'installe. Il a quelques sourires désolés collés aux joues, des soupçons de douceur au creux des yeux, et l'indulgence des gosses avec leurs "c'est pas si grave" partout dans la tête. C'est pas grave s'ils sont idiots, si les préjugés les guident, s'ils sont incapables de voir au delà des apparences, tant qu'ils les laissent en paix sans toucher à ce cocon qui se tisse, un peu, il en a du moins l'impression.

    Et puis d'abord, ils ne l'empêchent pas d'être heureux, non, à aucun moment. Ils n'empêchent ni son sourire de s'agrandir toujours plus, ni le rire de franchir sa bouche, et ni les yeux de se teinter de vie, d'étoiles ou de bonheur. Ils n'empêchent pas ce moment entre eux, et tant mieux ! Alors non, il ne fait plus attention à eux, il les oublie, les sort de son monde et s'accroche à l'instant présent, appelant sans même le regarder l'un des serveurs pour lui passer commande. Une bière pour lui – il réussit tant bien que mal à se faire comprendre –, et pour Eiranos.. ? Un sourcil se lève légèrement, interrogateur, en direction du moine dont il ne connaît finalement pas les habitudes alimentaires ni les vœux prononcés, entravant peut-être certaines libertés que d'autres s'autorisent sans honte. Il prête attention à sa réponse d'une oreille qui, en apparence, se veut assez distraite pour ne pas paraître impoli, pourtant braquée sur lui pour en apprendre un peu plus sur ce compagnon de fortune embarqué sur un coup de tête, un homme qu'il a effleuré, serré dans ses bras, embrassé.

    Embrassé. Elles s'empourprent brutalement ses joues. Et dans la gêne soudaine provoquée par ce souvenir, il s'abîme la lèvre, y fait éclore une perle carmin, douce et tendre à la douleur discrète, bien empressée d'aller baiser sa bouche et qu'il chasse d'un dos de main fébrile. Embrassé Eiranos. Les battements de son cœur s'accélèrent, explosent au creux de la cage d'os comme s'ils voulaient s'en échapper. Il se lève d'un coup, et par quelques gestes maladroits indique le comptoir, s'y dirigeant en foulées rapides pour échapper à sa gêne, mais aussi dans le simple but de laisser exploser un sourire encore plus éclatant sur son visage. Encore plus heureux, créé par un simple souvenir un peu embarrassant, qui n'en est pas moins particulièrement plaisant, trop sûrement. Et ça le fait sourire, ça le rend plein d'un bonheur qu'il laisse échapper par ses sourires, sa façon de laisser couler tous les jugements, la légèreté de son pas. Le ton de sa voix, aussi, lorsqu'il bataille dans sa langue – agrémentée de quelques mots Naidien –  pour avoir une chambre. On finit par lui donner en échange de quelques pièces une clé qu'il serre fort dans sa main pour ne pas la perdre, qu'il pose sur la table devant le moine quand il y revient, une clé pour une nuit dans un lit.


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    le Dim 5 Nov - 1:25

    Une nouvelle porteavec Octans
    Eiranos croyait dur comme fer que chaque homme a un destin défini. Ce destin, que Dieu lui a choisi, est celui qui lui permettra d’utiliser au mieux ses capacités et d’obtenir autant de bonheur qu’il en mérite. Chacun est libre, pourtant, de s’en éloigner : Dieu essaiera de le ramener sur le droit chemin mais ne l’empêchera pas de poursuivre. Tant pis pour lui, se dit-il sans doute.

    Eiranos, donc, pensait avoir trouvé son destin. Quitter le monastère pour suivre sa propre voie, apporter la bonne parole, puiser son bonheur dans ses souvenirs et dans la joie de voir ses ouailles libérées, il n’en attendait pas plus. Croiser Octans lui était immédiatement apparu comme un signe divin, puis il avait douté. N’avait-il pas surinterprété un simple hasard, laissé les doutes qu’il pensait avoir faire taire l’aveugler ? Mais plus le temps passait, plus ses craintes s’éloignaient. Les signes censés le ramener sur le droit chemin ne venaient pas, au contraire : les encouragements à poursuivre dans cette voie se multipliaient. La facilité avec laquelle ils avaient pu s’échapper, la tranquillité et l’isolement auxquelles ils avaient eu droit quand ils en avaient besoin ou envie, et même là le quasi-anonymat dont ils bénéficiaient.

    Oh, ils ne passaient pas tout à fait inaperçus. Ses convictions avaient tendance à aveugler le moine quand il n’osait pas regarder la réalité en face et dans ce cas, son anxiété était juste assez forte pour qu’il puisse voir sans vraiment comprendre. Il entendait les chuchotements, sentait sur sa nuque les regards en coin, sentait la distance que ces curieux gardaient entre eux et lui. Eiranos y voyait une forme de respect due à son statut, mais il n’aurait pas dû écarter ainsi le dégoût et la moquerie. Qu’importe la raison, en un sens : le principal était que rien ne s’interpose entre eux.

    Un sourire un peu béat rivé sur le visage, Octans vint s’asseoir en face de lui. Une joie sincère irradiait de ce sourire et soulagea Eiranos de la mauvaise humeur naissant de la fatigue. Avec une patience que le moine ne put qu’admirer, il bafouilla et gesticula pour se commander une bière – tout ça pour de la bière… Pour Eiranos, la dernière remontait à sa soirée avec Ernest. Des circonstances bien différentes et qu’il ne voulait pas sa rappeler, du moins pas en ce jour-ci, en cette compagnie. Il commanda de l’hypocras. Et deux bols du ragoût qui mijotait dans la cheminée. C’était soir de fête.

    Les questions de leur environnement et de leur repas réglées, Eiranos reporta son attention sur son compagnon. Il avait perdu son sourire mais le fixait plus intensément que jamais, se mordant la lèvre. Se la mordant jusqu’au sang. Pendant une seconde, Eiranos ne vit que cette goutte suspendue à ses lèvres fines. Les muscles de son bras se tendirent, prêt à aller la cueillir avant qu’elle ne souille la peau claire de son menton, mais il n’en eut pas le temps. Il vit la perle s’écraser et s’étaler sur le dos de sa main, la tâchant comme le jus d’un fruit bien mûr. Il eut envie d’y porter les lèvres, de sentir de nouveau le goût sucré de sa peau, ou ne serait-ce que ce contact qu’il avait si vite appris à aimer…

    Puis la main, à son tour, disparut. Soudain désemparé, il regarda Octans gesticuler de nouveau, de façon plus incoordonnée et frénétique encore que face au serveur. Cela l’aurait sans doute rendu attendrissant si Eiranos n’avait pas l’impression qu’il le fuyait. Il n’avait rien dit mais avait-il fait quelque chose, quoi que ce soit, qui avait mis Octans mal à l’aise ? Des regards trop insistants ? Aussi perdu qu’un enfant abandonné par sa mère, son esprit s’agitait encore quand Octans revint s’asseoir face à lui et posa sur la table une clé. Le moine ne comprit pas tout de suite à quoi elle correspondait. Octans avait l’air si fier de lui, de ce trésor… Clé, porte… Porte, pièce… Et quelle pièce trouvait-on dans une auberge ?

    Ce fut au tour du moine de rougir jusqu’aux oreilles. Jamais au grand jamais, à Muvaï, on n’aurait laissé deux hommes partager une chambre, même deux pèlerins voyageant ensemble. Chaque moine aurait préféré dormir dans la neige pour prêter sa cellule plutôt que laisser cela arriver. Pourtant, là, il n’y avait bien qu’une clé. Une clé, une chambre. Pour Octans et lui. Quelque chose s’agita dans son ventre. Un sourire incontrôlé naquit sur son visage, il eut l’impression que ses mains tremblaient alors même qu’elles étaient fermement posées la table.

    L’arrivée du repas lui donna une excuse pour se détourner mais en réalité, son attention ne se détacha pas de cette clé. Son estomac noué avait perdu tout appétit et son esprit obnubilé ne goûta pas une miette du repas. Régulièrement, il ne pouvait s’empêcher de jeter des coups d’œil curieux à la clé, pensant à la porte à laquelle elle correspondait et aux scénarios qu’elle pouvait ouvrir, puis de lever timidement le visage vers Octans. Et lui, à quoi pensait-il ? Et toujours les mêmes questions, toujours les mêmes doutes, tant et tant répétés qu’ils avaient fini par s’user eux-mêmes, si bien qu’ils lui occupaient l’esprit sans plus chercher de réponse.
     
    Puis leurs bols et leurs chopes furent vides. Eiranos attrapa la clé et se leva, cherchant du regard l’approbation de son compagnon. Après un détour par le comptoir pour payer le repas, il se dirigea à l’étage, vers la porte arborant le même signe géométrique que le bout de bois gravé attaché à la clé. Le cœur battant la chamade et la bouche sèche, il ouvrit la porte, attendit qu’Octans fut entré puis pénétra à sa suite dans la pièce et s’empressa de refermer derrière eux deux. Ses jambes, jusque-là stoïques, flanchèrent et il dut s’appuyer le dos contre la porte pour ne pas glisser à terre. Dans sa poitrine, l’excitation et une certaine anxiété se mélangeaient et le paralysaient.




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    le Dim 5 Nov - 15:07

    Peut-être qu'il aurait dû batailler un peu avec l'aubergiste, Octans, pour avoir le droit à une seconde chambre, mais n'étant pas certain d'en avoir les moyens il avait préféré prendre celle proposée sans en demander plus. Allait-il le regretter ? Le rougissement sur les joues du moine lui fait d'abord penser que oui, avant que le sourire éclate et lui fasse comprendre que non, Eiranos ne va pas lui en vouloir. Et juste de le voir heureux ça lui tord l'estomac, alors comme en écho il sourit à nouveau.

    Ils avalent le contenu de leurs assiettes, ou plutôt lui mange comme s'il était affamé - ce qui est d'ailleurs le cas puisqu'il n'a jamais pour habitude de prendre de repas consistant, se contentant en général de peu pour satisfaire son estomac et permettre à son corps de poursuivre la route, mais celui-ci est bienvenue et pour l'endroit c'est même étonnamment bon. De toute façon Octans n'est pas de ceux qui se plaignent, bon ou pas il l'aurait avalé sans rien dire et il estime que ceux qui gâchent n'ont jamais connu la véritable faim. Lui si car quand tout gosse son père l'a emmené, il n'avait pas forcément pris en compte qu'ils pourraient manquer loin des leurs, seuls, un gamin et un homme rongé de tristesse, poursuivis par l'inquiétude et les préjugés, chassés, insultés. Pour leur origine, ce qu'ils étaient et seront toujours. Des nomades. Des Nakhta.

    Une douleur muette passe pour une seconde dans son regard puis il cesse d'y penser, car plus que tout au monde il ne souhaite pas inquiéter et voudrait profiter. Alors il ne laisse pas les souvenirs tout gâcher.

    Puis finalement le moment où ils n'ont plus rien à se mettre sous la dent arrive. Il sent son cœur s'emballer, ses jambes trembler au moment de se mettre debout, et il sait pas vraiment pourquoi, non. Tout ce qu'il voit c'est qu'ils doivent monter dans cette chambre, y monter tous les deux, ensemble, et cette fois ça ne sera pas comme à la cascade. Il n'y aura que lui et Eiranos, personne pour les déranger ou même les stopper. Mais les stopper dans quoi ? Le nomade sent ses joues brutalement le chauffer alors qu'une voix qu'il entend à peine, une voix tremblotante s'échappe de ses lèvres, un peu incertaine. "Alonzy." Il se souvient avoir entendu son compagnon le dire à la cascade, peu après leur baiser et juste avant l'arrivée d'un pêcheur qui a tout brisé. Il se souvient et la situation s'y prête, et après ça il va pour monter les marches qui conduisent à l'étage.

    Sa fébrilité augmente petit à petit. D'abord lorsqu'ils trouvent la bonne porte. Puis lorsque la clé tourne dans la serrure. Tous les deux entrés, le battant refermée, la voilà à son paroxysme, pourtant il ne peut s'empêcher de se tourner vers le moine comme pour y chercher quelque chose, un reflet, peut-être, à ce qu'il ressent, et ne s'attarde même pas sur l'apparence de la chambre.

    Il s'approche de lui. Un pas après l'autre, pleins d'hésitation, de peur de se tromper.

    Sa main se tend, caresse la joue, glisse, délicate, en caresses tendres vers sa gorge. Il frissonne. Contre sa poitrine son cœur bat plus fort, bam bam bam plus rapidement, fait sursauter ses os. Il voudrait l'embrasser, l'embrasser à nouveau, goûter à ça encore, qu'Eiranos l'empoigne, se libère de sa retenue. Alors il joue un peu, maladroit, semble lui offrir un baiser mais ne prend pas ses lèvres, pose à peine ses doigts sur lui et le pousse dans ses retranchements, le regard rivé dans le sien, noir et profond, brillant. Il attend. Il l'attend. Le souffle percutant sa bouche, sa peau, les lèvres entrouvertes sur une invitation muette. Et toujours ce regard, ce regard qui incite à prendre de lui tout ce qu'il veut. Il n'a pas peur.


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    le Sam 11 Nov - 22:48

    Les lèvres parlentavec Octans
    Eiranos ne pensait pas que tout irait aussi vite. Il s’attendait à plus de gêne, plus d’hésitations, et il aurait pu profiter de ce délai pour reprendre un peu ses esprits. Pourtant, il avait à peine eu le temps de souffler que déjà Octans se retournait et s’approchait de lui. Très près. Il posa sa main sur sa joue, suivit la ligne de sa mâchoire pour caresser son cou, se tendit pour l’embrasser… mais le seul contact sur les lèvres d’Eiranos fut celui du souffle d’Octans, et sur sa peau il ne sentit plus que le bout de ses doigts, presque imperceptibles. Le regard de son compagnon, pourtant, ne laissait aucune place au doute : ce n’était pas de la peur, pas une hésitation d’aucune sorte qui le retenait mais un calcul malin. Eiranos ne put résister à cet ordre silencieux : il prit le visage d’Octans entre ses mains et l’embrassa.

    Cette fois, il ne prit pas le temps de tergiverser. Il lui offrit un baiser long, d’une tendresse infinie.  Ce n’était plus un test, une question, mais une réponse et un don. Puis il détacha ses lèvres de celles d’Octans et éloigna son visage du sien. Il le regarda intensément, passant de ses yeux sombres à ses lèvres, aux mèches noires qui barraient ses tempes, aux lignes de sa mâchoire.

    - Tu es si beau… souffla-t-il presque sans s’en rendre compte.

    C’était sincère. Octans irradiait une beauté simple qu’Eiranos n’avait jamais vue, totalement inconsciente d’elle-même. Le moine avait déjà, en pensées, affecté cet adjectif à d’autres jeunes hommes mais il semblait alors qualifier quelque chose de totalement différent. Il s’agissait alors d’une esthétique purement plastique, d’un équilibre de proportions et d’un arrangement de traits travaillés par un créateur attentif et entretenus par une puberté qui semblait ne pas s’être totalement achevée, pour ne pas transformer ces êtres délicats en durs mâles. Octans n’avait pas leur beauté sculpturale et l’adolescence n’avait pas pu faire grand-chose de plus pour lui, bridée par des conditions de vie loin d’être idéales pour un garçon en pleine croissance. Il avait cependant pour lui sa spontanéité, sa joie communicative, l’expressivité de ses regards et ce petit plus indéterminé que le destin semblait avoir placé en lui à destination uniquement d’Eiranos.

    Il y avait aussi ces hésitations dont il faisait parfois preuve et qui ne le rendaient que plus touchant encore. Eiranos y voyait une certaine fragilité et cela l’attendrissait en même temps que cela l’effrayait un peu. Il n’analysait pas la situation ainsi mais pour le comprendre, il fallait encore une fois comparer l’histoire qu’il vivait là avec celle qu’il avait connue avec Evelyn. L’objet de son premier amour avait senti la fascination d’Eiranos pour lui, il aimait en jouer et le mener par le bout du nez. Notre moine s’était laissé dicter ses envies, même lorsqu’il pensait être maître de ses actions. Il n’était pas préparé à ce qu’Octans à la fois s’en remette ainsi à lui et le laisse si libre d’exprimer ses propres désirs.

    Après ces longues secondes à l’observer ainsi, il l’embrassa de nouveau. En même temps, il entreprit de le débarrasser de son foulard puis, à l’aveugle, il le jeta au loin en espérant qu’il atterrirait sur le lit plutôt que sur le sol – simple question de bonne éducation. Son cou ainsi dégagé, le moine put y planter ses lèvres, alternant les baisers appuyés et les effleurements taquins, descendant de son oreille jusqu’à ses clavicules. En même temps, ses mains s’étaient reposées sur sa taille puis s’étaient glissées sous sa chemise pour caresser les pointes de ses hanches. Il prenait son temps pour goûter chaque sensation. Ce n’était pas ce qu’il connaissait mais cette histoire ne ressemblait à rien qu’il ait déjà connu et c’était aussi ce qu’il aimait. Et sans doute, ce dont il avait besoin.




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    le Mar 21 Nov - 19:55

    Il a le cœur qui bat de plus en plus vite et puis aussi des fourmillements dans tout le corps Octans quand leurs lèvres se retrouvent, parce que ça fait du bien, c'est agréable, ça lui fait chaud jusque dans les os. Alors il arrête de parler et s'abandonne, la paume accrochée à sa nuque, les yeux à demi clos, se gorgeant de désir et de déraison, de cette attente qui n'était pourtant que de quelques heures mais qui lui a semblé être des jours. Il n'est pourtant pas un impatient, et depuis tout petit il sait garder son calme, laisser venir les choses sans s'agacer.

    Mais avec le moine c'est tout simplement différent, comme quelque chose d'urgent à découvrir, à assouvir, une part de lui-même dont il ne connaît rien. Il veut en savoir plus, toujours plus, apprendre ce que jusque lors il n'avait pas osé explorer, un chemin plein d'inconnu et de découvertes qui ne fait pas du tout peur aux côtés de l'Ivrian. Finalement, il a sans doute eu raison de l'entraîner à ses côtés, et peut-être bien que leur rencontre, c'était effectivement comme il le croyait : un coup du destin, le signe qu'il n'avait pas le droit de continuer seul sa route, et ça le fait sourire. Juste là, juste un peu, avec ses doigts accrochés à ses vêtements et son souffle un peu court, ses membres qui frissonnent dans l'attente d'une suite.

    Alors il soupire son soulagement quand il l'embrasse a nouveau, le laisse glisser ses doigts sur ses hanches et ses lèvres dans son cou tout en le découvrant avec quelques hésitations, quelques grains de timidité qui se remarquent sans peine. C'est toujours pas de la peur, il a confiance, et prend simplement le temps d'apprécier ce qui se trouve entre ses doigts – après avoir fait passer la robe de bure par dessus la tête de son vis à vis. La peau bouillante, les muscles, les nœuds, les formes d'un homme bien différentes des siennes, et il aime ça, ça fait briller ses yeux qui se ferment tranquillement quand il s'enfouit contre son épaule, sourire un peu plus ses lèvres sur lesquelles frissonnent de discrets soupirs de bien être.

    Il tire son corps vers le sien, recule un peu juste de quelques pas, jusqu'à ce que ses genoux cognent contre le bois du lit et ploient, mais même là il le lâche pas cependant, l'embrasse encore et mord légèrement sa lèvre, des éclats de bonheur plein ses obsidiennes. C'est difficile pour lui de savoir quoi faire et ses gestes continuent d'être hésitants lorsqu'il effleure et embrasse sa gorge, le creux d'une épaule qu'il taquine légèrement de ses dents. Et il s'émeut sur son parfum, sur sa chaleur, sur sa beauté, sur toutes les différences qui les séparent mais qui, d'autant plus, le rendent fascinant, sur tout ce sur quoi il passe les paumes, le creux des reins, les flancs, le dos, et sa bouche s'égare, pointe d'une clavicule, ses dents croquent, très légèrement contre l'os, ses doigts qui pressent.


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    le Dim 10 Déc - 16:57

    Se découvriravec Octans
    Les baisers qui se succèdent, les peaux qui se cherchent, s’effleurent, glissent l’une contre l’autre… Eiranos sent des frissons le parcourir, la chair de poule gagner tout son épiderme, son corps se tendre. Le monde autour d’eux, déjà relégué derrière les murs en bois, finit de disparaître. Sans même y réfléchir, il lève les bras pour qu’Octans lui ôte sa robe de bure et quelques secondes plus tard, il tombe sur le lit, toujours enserré dans les bras de son partenaire.  Ils continuent de s’explorer, du bout des doigts, des lèvres, des dents même.

    Les yeux fermés, Eiranos laisse faire Octans un moment, attendant avec une certaine impatience de découvrir où se ferait le contact suivant : son épaule, sa salière… Mais pendant ce temps, ses mains à lui doivent se frayer un chemin sous les vêtements du nomade. Frustré, il finit par renverser Octans sur le dos et venir se placer, autoritaire, à califourchon au-dessus de lui. Son partenaire ainsi immobilisé, il peut lui ôter sa chemise. Après un nouveau baiser, il fait courir ses lèvres le long de son cou, de son torse, de son ventre, autour de son nombril. Arrivé là, il hésite, s’arrête. Levant le regard, il cherche une seconde l’approbation d’Octans mais finalement, il décide de ne pas s’en préoccuper. Gardant les yeux rivés dans les iris sombres, il laisse ses mains glisser en toute légèreté le long des côtes et de la taille, en effleurements provocants, avant de saisir brusquement le haut des braies et de les tirer vers le bas. Eiranos recule un peu, se met à genoux par terre au pied du lit pour pouvoir ôter totalement le pantalon. Une fois débarrassé du dernier morceau de tissu qui aurait pu lui faire obstacle, il se redresse mais reste agenouillé.



    Il aimerait pouvoir demander à Octans ce qu’il préfère, ce qu’il voudrait qu’il fasse ou ne fasse pas. Il voudrait être sûr qu’il ne se montre pas maladroit et qu’il n’est pas le seul à tirer du plaisir de cette étreinte. Alors à défaut, il guette ses réactions, ses tressaillements, ses gémissements, cherche à les déchiffrer. Cette quête a quelque chose de laborieux, peut paraître un peu frustrante et pourtant, il y prend un plaisir immense. À explorer ainsi le corps d’Octans, il a l’impression de se l’approprier bien plus que si on le dirigeait.

    Quand sa propre tension devient trop proche de l’insoutenable, Eiranos revient se placer au-dessus d’Octans. Durant une seconde, il reste dressé de toute sa hauteur au-dessus de lui, le temps de contempler son visage troublé et le rythme auquel se soulève sa poitrine. Ce qu'il voit le rassure. Il se penche alors de nouveau et vient se placer à côté de lui, tout contre sa peau, emmêlant leurs jambes. Sa main gauche se perd dans les cheveux noirs étalés sur les draps, d’abord pour le plaisir de sentir leur texture soyeuse puis pour attirer son visage contre le sien. De sa main droite, il va chercher celle d’Octans pour la poser sur son propre corps. Juste pour l’encourager, nullement pour le guider. Le jeune homme va-t-il faire preuve de la même curiosité ?




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    le Sam 23 Déc - 23:23

    La sensation dans son ventre change brutalement, elle était un peu chaude et plutôt douce, elle devient plus ardente et bien plus pressante, envahissante, presque, alors qu'Eiranos se glisse entre ses cuisses en une vision quelque peu indécente. Ça le fait réagir pour sûr, frissonner, frémir, entrouvrir les lèvres sur un soupir et trembler doucement sur une note de plaisir. Et il a les yeux qui se ferment un peu, les joues qui se teintent d'une simple note de rouge, les doigts qui s'accrochent d'abord au drap sous lui avant de s'y arracher pour en poser cinq sur la joue d'Eiranos qui à nouveau l'embrasse. Il a les lèvres chaudes.

    Un gémissement au creux de la gorge, le nomade love son regard dans le sien et laisse sa main courir la peau, découvrir un peu plus, apprendre les courbes plaisantes d'un homme, leur chaleur, la texture, le toucher toujours timide à quelque endroit plus intime. C'est son tour de surveiller les réactions, d'apprendre ce qu'il aime ou non. Il s'aventure pas encore avec sa bouche comme Eiranos l'a fait, mais c'est sûrement qu'une question de temps, de timidité et d'inquiétude peut-être un peu. Parce qu'il s'inquiète, oui, il a pas peur mais il s'inquiète de pas bien faire et puis de tout foirer.

    Alors il se fait sûrement trop lent, trop lent à décider quoi faire, trop lent quand il embrasse une nouvelle fois son épaule, glisse sa bouche au creux du cou, contre la gorge, s'égare contre sa poitrine et y embête l'un des boutons de chair du bout de la langue sans cesser de garder son regard rivé au sien. Au moindre doute il arrêtera mais pour le moment il continue jusqu'à se retrouver au même niveau que l'Ivrian tout à l'heure, nichant son visage contre ses cuisses pour les mordiller, y passer la langue, goûter à leur saveur.



    Ses joues rougissent encore. Le nomade est loin d'être timide ou réservé pourtant – enfin si mais il n'en laisse d'ordinaire rien paraître. Mais avoir le visage niché contre l'entrejambe d'un homme, on ne peut pas dire que ce soit une situation qu'il aurait vécu justement d'ordinaire. En tout cas il se sent quelque peu minable et il sait au fond qu'il a bien besoin d'être guidé dans ces choses là. Après tout c'est pas comme s'il avait déjà fait ça, comme s'il avait déjà eu une expérience ou de quelconques conseils, non, il a d'ailleurs jamais entendu parler de tout ça chez les siens ou dans les villes dans lesquelles il est passé. Alors il s'excuse d'un regard plein de détresse, s'angoisse à l'idée que son compagnon puisse lui en vouloir, ferme les yeux en remontant son corps pour poser son front contre le sien.

    Apprends-moi qu'ils semblent vouloir dire ses yeux. Qu'Eiranos lui transmette ce qu'il veut, il prendra tout.


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    le Lun 1 Jan - 22:15

    Des promessesavec Octans
    Les réactions d’Octans furent à la hauteur de ce qu’espérait Eiranos. Ses respirations erratiques et ses tressautements exprimaient un plaisir qui se transmettait à son partenaire. S’il y en avait besoin, la délicate touche cramoisie qui teintait ses pommettes, trahissant son embarras, aurait fini de faire succomber l’Ivrian. Alors quand Octans répondit à son invitation et laissa sa main courir sur son corps, Eiranos eut l’impression qu’il aspirait par le bout de ses doigts tout ce qu’il lui restait de raison. À chaque seconde, il se disait qu’il avait atteint le sommet du plaisir, qu’il n’était pas possible d’en ressentir plus, mais à l’instant suivant, une nouvelle caresse l’emmenait une marche plus haut ; et pourtant, le vrai climax restait désespérément hors de vue.  

    Il n’avait jamais connu d’aussi douce torture. Son expérience se résumait à la jouissance cherchée dans l’urgence. Ce n’était pas tant son intensité qui l’avait rendue si addictive que sa nouveauté et sa soudaineté, relevées par le goût de l’interdit. Au-delà des murs de cette chambre d’auberge, pas de moine pour les condamner, pas de gardien de la morale pour les juger. Sans doute que d’autres clients auraient à redire sur de tels actes, mais c’était juste assez pour leur laisser une note de subversivité, pas de quoi faire reculer le moine déchu. Alors oui, ils pouvaient prendre leur temps. Eiranos avait commencé à découvrir les préliminaires, il apprenait à présent d’autres formes de plaisir, qui jouent autant sur la frustration que la stimulation. Et en même temps, le regard qu’Octans gardait rivé dans le sien promettait bien plus.

    Par chance peut-être, Octans se décida à aller plus loin juste quand ses hésitations et sa lenteur allaient commencer à le desservir, quand la frustration allait prendre le dessus. Ses lèvres apportèrent une nouvelle texture au contact entre eux, plus humide et un peu plus féroce. L’initiative du nomade arracha à Eiranos un petit gloussement surpris, qui se termina dans un éclat de rire. Que son partenaire prenne de l’assurance, chose inattendue après ses premières hésitations, n’était pas pour lui déplaire. Il avait cru, un instant, que ces promesses de plaisir pourraient lui suffire mais finalement, rien n’était moins sûr.

    Une chance, peut-être aussi, qu’Octans ne soit pas trop expert en ces choses. Sa maladresse était assez attendrissante pour entretenir l’envie qu’Eiranos avait de lui sans pour autant amener trop vite son corps à sa limite. Certes, il ne rendait pas ce moment aussi plaisant qu’il aurait pu être mais Eiranos n’avais pas envie de s’interrompre à ce point. Il ne pouvait pas lui en vouloir : Evelyn avait dû penser la même chose de lui, la première fois qu’il l’avait invité à s’agenouiller devant lui. Et puis, ce n’était pas désagréable. Loin de là, même…

    Oh oui, décida-t-il finalement losqu’Octans revint contre lui : il voulait aller au bout. Dans son esprit déjà embrumé, cette envie n’avait pas besoin de justification. Au fond de lui, son instinct un peu bestial, cette voix qui perdure encore dans chaque être aussi « humain » qu’il se prétende, réclamait seulement le soulagement de son corps. Sa part plus civilisée, et plus poète, ne voulait pas quitter Octans (en cet instant, cette idée même lui était intolérable) – ne voulait pas le quitter en ayant eu l’impression d’avoir échangé seulement quelque chose d’aussi frivole et volage que le plaisir. Elle voulait lui donner un peu d’Eiranos lui-même et ce don ne pouvait se faire que dans des limbes loin du temps, loin du souvenir même du monde. Encore fallait-il que son partenaire désire la même chose mais lui-même était si empli de ce désir que, sans la moindre malveillance, il ne lui vint pas à l’esprit qu’ils pouvaient ne pas le partager.

    Après cette nouvelle phase de stimulation, Eiranos voulut reprendre ses esprits un instant. Il se lova contre le corps d’Octans, le serra dans ses bras fourra son nez contre le creux de son cou. Désirant réchauffer ses pieds froids à ceux du nomade, il réalisa qu’ils étaient encore tout au bout du lit : sans lâcher son partenaire, il se traîna jusqu’au milieu du matelas de paille. Ce serait plus confortable qu’avoir les mollets suspendus dans le vide.

    Ses mains reprirent leurs caresses, s’aventurant petit à petit de plus en plus bas dans son dos. Et entre deux baisers, toujours, toujours ce regard interrogateur plongé dans les yeux du nomade. La question de son expérience lui revenait plus que jamais à l’esprit, et avec elle la peur de l’effrayer. Ce qu’ils s’apprêtaient à faire, s’il le voulait bien, pouvait sembler peu naturel, après tout – même si, après avoir vu l’effet que cet acte produisait sur Evelyn, Eiranos avait du mal à croire que le corps de certains hommes au moins n’ait pas été créé avec cette utilisation-là en tête. Il se posa brièvement la question de l’attribution des rôles mais elle lui sembla stupide et il la repoussa vite.

    En toute logique, il aurait dû progresser lentement, tâter le terrain mais à l’inverse, il décida de prendre les devants. Directif quoique sans brusquerie, il se recula, fit basculer Octans sur le ventre là où il se trouvait la seconde auparavant puis vint se placer à califourchon au-dessus lui. Il admira les reliefs de ce dos pâle et ne put empêcher ses mains de les parcourir. La bouche toute proche de son oreille, il vint lui chuchoter des mots d’amour décousus mêlés de termes salaces.

    - Sais-tu ce qui va suivre ? demanda-t-il tout à coup.

    Il s'était redressé pour laisser plus de rayon de mouvement au nomade mais n’espérait pas vraiment de réponse : il parlait avant tout pour évacuer un peu du bouillonnement qui menaçait de l’engloutir. Et puis, ses gestes fournissaient des indices assez clairs.




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    le Lun 8 Jan - 0:36

    Octans n'a jamais imaginé qu'il pouvait y avoir plus que des baisers et quelques caresses rapides échangées dans le noir en secret gênant que l'on voudrait absolument garder pour soi. Il n'a jamais pensé à toutes ces choses vraiment, non, et s'il a eu envie parfois de se laisser charmer par quelques regards enjôleurs lancés au détour d'une taverne lors d'une halte bien méritée, il ne regrette aucunement de ne pas l'avoir fait. Ça n'aurait pas été pareil. Il n'y aurait pas eu les mains et la bouche sur son corps ou pas avec la même douceur, pas avec la même lenteur, celle qui prend le temps de découvrir, d'essayer, de chercher points faibles et zones de plaisir. Il n'y aurait pas non plus eu la confiance ou cette envie de plus que de simples effleurements, mais sans doute se serait-il laissé dévorer de peur. Peut-être qu'il se serait forcé, oui, peut-être qu'il n'aurait pas apprécié, et peut-être aussi que tout ne se serait pas bien passé. Il aurait pu tomber sur un violent ou bien quelqu'un qui s'amuserait à le laisser dans le vide, souffrir d'une première fois gâchée durant des mois, des années. Mais actuellement il sait que ça ne sera pas le cas, il a confiance, oui, en cet homme qui se tient à ses côtés, contre lui, qui le serre dans sa chaleur.

    Il a confiance parce qu'Eiranos l'a suivi, a répondu à ses folies, parce qu'il s'est surpassé pour lui, puis aussi parce qu'il sent, il sent qu'il n'est ni trop pressé ni trop lent, qu'il écoute et reste attentif, que s'il souhaite s'arrêter il acceptera. Du moins il espère, après tout jusqu'à quel point peut-on pousser un homme ? Octans cependant ne compte pas se stopper en si bon chemin et il suit le mouvement du corps pour grimper entièrement sur le lit, répondant à ses caresses par des frissons, des soupirs, ses doigts qui courent eux aussi la peau de son vis à vis.

    Puis soudain Eiranos le bascule et le nomade se tend un peu, c'est pas grand chose mais il s'inquiète, il comprend pas vraiment pourquoi il a pas le droit de le voir. Est-ce que l'Ivrian a honte ? Est-ce que c'est simplement plus facile de pas regarder son visage ? Il en doute vu la façon dont ses yeux sont toujours restés dans les siens, mais il trouve pas de raison logique et puis surtout il y connaît rien lui. Est-ce comme ça que ça se fait ? La position en tout cas ne le met pas à l'aise, même si les mains qui passent contre son dos aident à le détendre un peu, de même que la bouche près de son oreille qui murmure des mots dont-il ignore tout. Cependant il rougit en sentant son bassin contre lui, ses doigts tout proche, tourne la tête et l'observe, avec beaucoup plus de tourments dans le regard qu'auparavant. Il commence à avoir peur, un peu rien qu'un peu, parce qu'il sait pas ce qui doit suivre, ce qu'il a à faire ou pas. Non il sait pas lui ce que tout ça signifie.

    Alors il secoue la tête avec un air interrogateur. Il sait pas, peut-être que ça sera pas bien interprété, comme un "je suis pas sûr" ou autre chose, mais il a pas la langue pour communiquer. Cependant il se redresse un peu, c'est pas une fuite, il pivote sur ses genoux et rougit encore, juste un peu plus fort, avant de se rallonger sur le dos. Ses mouvements n'ont rien de gracieux ou de "sexy", ils sont dictés par sa pudeur et le rejet de faire ça comme ça. Comme des animaux. Et il a beau pas y connaître grand chose il a bien vu lui dans certains coins que ça marche dans ce sens – avec les femmes pour sûr mais elles sont pas si différentes. Et il attire Eiranos à lui d'une main contre sa nuque, l'invite à s'installer entre ses cuisses, essayant de ne pas plus rougir bien que ça soit difficile.

    "Je veux te regarder..." Eiranos comprend sûrement pas, alors il love plus fort son regard dans le sien, ne le lâche pas. Peu importe ce qui arrivera maintenant, de lui même il lui prend la main et la guide entre ses jambes, déjà bien plus détendu. Et il se crispera sans doute à nouveau par la suite, mais un peu moins fort. Ça sera inconfortable d'abord, douloureux ensuite, mais il bronchera pas Octans, s'il faut il s'en niquera les lèvres à se le mordre, c'est pas très grave ça se répare.


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    le Jeu 1 Fév - 16:33

    Face à faceavec Octans
    Eiranos ne pensait pas à mal. Il n’avait pas l’intention de cacher quoi que ce soit à Octans, encore moins de l’immobiliser et de le forcer à quoi que ce soit. Aussi, quand il sentit le nomade tenter de se dégager de sous lui, il se redressa et le laissa faire, un peu perdu. Il était allé trop loin ? trop vite ? Il s’y était mal pris, n’avait pas assez prêté attention à son partenaire ? C’était pourtant bien toujours comme ça qu’il avait agi avec Evelyn, et il semblait apprécier… Surtout que c’était lui qui lui avait expliqué comment s’y prendre…

    Oui, c’est pas très sexy de comparer ses partenaires. Mais Eiranos avait appris sur le tas et n’avait aucun point de comparaison, même aucune raison de penser que cela puisse se passer différemment. Après tout, physiquement, géométriquement, c’était le plus logique, non ? Et puis, de façon un peu narcissique voire un peu sadique, il aimait voir Evelyn coupé du monde, isolé entre son corps et leur couche. Celui qui pouvait, de quelques regards, mener Eiranos par le bout du nez ne voyait plus que les draps ou leurs propres bures jetées à même le sol. Ainsi privé de son arme maîtresse, le jeune moine ne pouvait que s’en remettre totalement à son partenaire, fermer les yeux pour se concentrer sur sa voix et ses gestes.

    Mais face à Octans, Eiranos ne ressentait pas le besoin de prendre ainsi le contrôle. C’est peut-être pour ça qu’il ne se vexa pas quand il comprit que le nomade voulait simplement rééquilibrer les choses. Il laissa la main sur sa nuque le forcer à se pencher un peu, les cuisses se serrer autour de sa taille. De sa phrase murmurée le rouge aux joues, il ne comprit que « Je toi », mais c’était suffisant. Et puis, il y avait cette main qui guidait la sienne, l’invitant à reprendre où il avait été interrompu.

    Comme il l’avait supposé, la position n’était pas des plus pratiques. Il manipula donc délicatement Octans pour lui faire plier les jambes, les pieds posés à plat sur le lit le plus près possible de son corps et les genoux écartés. Là seulement, il reprit leurs ébats. Sur ce point-ci, au moins, il avait été bien éduqué, par un partenaire détestant la douleur. Il progressait lentement, utilisait ses lèvres et son autre main pour détourner l’attention d’Octans, restait à l’écoute de sa moindre protestation. Quand il avait l’impression d’être allé un peu vite, il accentuait ses caresses ou approfondissait son baiser, puis demandait d’un regard l’autorisation de reprendre.

    Ce n’était pas plus mal, en fait, de rester face à face. Comme ça, il voyait toujours le visage d’Octans, le voile pivoine qui s’abattait sur ses pommettes, l’ombre de son regard. Il pouvait contempler ses lèvres qui s’entrouvraient ou se serraient pour laisser échapper un souffle ou retenir un gémissement qu’il craignait trop sonore. Il n’avait plus à se contenter d’entendre ces réactions ou à les deviner aux frémissements du corps sous le sien, il les contemplait directement.

    Sans même vraiment s’en rendre compte, submergés par l’émotion Eiranos avait repris ses murmures insensés. Son propre corps était comme suspendu au bord du vide. Les sensations passées, présentes et à venir se mêlaient et le maintenaient dans un état hors du temps, à la fois merveilleux et cruel. Ses sens s’étaient acérés mais étaient comme limités à une bulle n’enfermant qu’Octans et lui : il sentait avec une précision inédite le trajet de la sueur le long de son dos, la chaleur de la peau de son compagnon, entendait le moindre de ses soupirs, admirait chaque changement d’expression dans son regard.

    Le temps oublié, son impatience s’était dissipée mais ses envies grandirent de nouveau, cette fois en accord avec l’humeur qu’il croyait sentir chez Octans. Jugeant le moment venu, il se redressa et vint s’agenouiller tout contre lui, calant ses cuisses sous les siennes. Il réalisa, tout à coup, qu’il avait le souffle court et la bouche sèche mais il réussit à souffler, peut-être plus ému encore que sa première fois :

    - Je peux ?




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    le Dim 11 Fév - 15:50

    C'est douloureux, Octans ferme les yeux et se mord les lèvres mais ne dit rien pour ne pas inquiéter son amant malgré ses jambes qui tremblent et son corps tendu. Son souffle est entrecoupé aussi, il se cambre un peu et ses joues se teintent de rouge alors qu'une grimace étire sa bouche. Toutefois sa souffrance il la garde pour lui et lorsqu'elle reflue rien qu'un peu il autorise ses paupières à se rouvrir pour que ses prunelles puissent trouver de nouveau celles de l'Ivrian, s'y accrocher. Trouver son point d'ancrage pour déconnecter son esprit et éviter de penser aux tiraillements qui vrillent son corps. Il se concentre aussi sur les murmures à ses oreilles, les caresses sur sa peau, frissonne, rougit encore, finit même par laisser s'échapper un soupir. S'en est qu'un d'abord et il est minuscule mais il finit par y en avoir un second avec ses membres qui se détendent doucement, ses jambes qui se relâchent et entre lesquelles Eiranos s'installe.

    Il l'observe avec ses yeux grands ouverts. Il hésite, il doute, il a pas besoin de comprendre les mots pour en saisir le sens et il peut pas s'empêcher juste une minuscule seconde de se demander s'il le veut vraiment. Mais oui, oui à l'instant même où il se pose la question il sait qu'il le veut jusqu'au fond de ses tripes, qu'il refuse de vivre ça avec quelqu'un d'autre que lui.

    Alors il hoche la tête, il remonte sa cuisse et pose sa cheville contre son épaule. Ça le tire un peu la position mais c'est le temps de s'habituer, et puis ses muscles sont toujours un peu sensibles en fin de journée après avoir passé son temps sur le dos d'Orias. Heureusement cette nouvelle douleur retombe en quelques secondes et il pose sa main sur la joue de son vis à vis, l'encourage à continuer, à progresser en lui. Il grimace pourtant, s'accroche à lui et glisse ses doigts contre la nuque au creux de laquelle il enfonce ses ongles. Parce qu'il lutte Octans, il lutte contre sa douleur et cette impression insupportable d'être complètement étiré sous le passage de son amant, il lutte contre son corps qui, par réflexe, essaye de rejeter cette intrusion.

    Il souffle, souffre, crispe la mâchoire. Ses lèvres s'entrouvrent sur un murmure, tentent de laisser passer un simple mot brisé sous la douleur, incompréhensible, qu'il doit reprendre après une profonde inspiration seulement. "Eiranos.." Il a que son nom là tout de suite sur la bouche, le prénom de cet homme qui accepte de l'aimer rien qu'un peu, rien que pour une nuit s'il le faut, après tout il sait pas le nomade de quoi demain sera fait, de plus il n'a pas envie de penser à ça maintenant.

    Avec douceur il attire l'Ivrian à lui, plaque ses lèvres contre les siens, et au départ il est doux et tendre puis au fur et à mesure un peu plus passionné, il commence même à remuer doucement le bassin. Oh faut pas croire ça lui arrache un grognement parce que non ça n'est toujours pas agréable. Heureusement ça finit par passer un peu et il ressent finalement au creux de ses reins quelque chose de différent. Alors il parvient à sourire, il glisse sur la ligne de la mâchoire de l'Ivrian, effleure son oreille puis descend jusqu'à son cou, tout frémissant, semblant lui donner par ses gestes une simple autorisation en plus de ses hanches qui avec douceur cherchent le contact des siennes.


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    le Dim 18 Fév - 2:36

    Ether
    et folie pure
    avec Octans
    Les corps ne sont jamais que des amas de chair. Des muscles soutenus par un cadre d’os et au milieu desquels fonctionnent quelques viscères plus ou moins utiles. Comment un rapprochement de deux corps, quels qu’ils soient, pourrait corrompre des âmes, le souffle de Dieu ? Voilà ce qu’Eiranos comptait prêcher pour justifier ses propres inclinaisons. Pourtant, en cet instant, il avait la conviction qu’Octans et lui vivaient quelque chose de plus que de simples contacts charnels, quelque chose de moins prosaïque et de bien plus fort.

    Un court instant, apercevant l’hésitation d’Octans, Eiranos craignit que cet état de grâce ne prenne fin. Oh, il avait bien vu que son partenaire prenait sur lui mais il avait voulu croire qu’il surmonterait vite cet inconfort. Et s’il avait déjà eu ce genre de frayeurs, dès qu’elles étaient passées, elles lui avaient paru stupides et il les avait oubliées, si bien que la suivante l’avait surpris autant que la première. Celle-ci ne fit pas exception. Son cœur se serra, une supplique lui monta à la gorge, puis tout cela disparut instantanément à l’instant où Octans hocha la tête.

    Il redescendit sur terre le temps de mouvoir sciemment son corps, remarquant à peine les ongles s’enfonçant dans le haut de son dos. Il avait envie d’écouter les sensations physiques que lui procuraient cette étreinte, de vraiment la vivre à deux, mais il était comme happé hors de son corps. Cette enveloppe était devenue trop étroite pour contenir le bouillonnement de ses sensations, de ses sentiments, de ses pensées. Il se sentait projeté dans une autre dimension, perdue entre la matière et l’éther, entre le monde réel et la folie pure.

    Ne souhaitant pas se perdre seul dans cette mélasse, aussi douce soit-elle, il faisait de son mieux pour se raccrocher à l’instant présent. Il se concentrait sur le nom murmuré à son oreille, le baiser, la main sur sa joue, le sourire qu’il voyait enfin apparaître sur le visage d’Octans. Sentant les frémissements du corps contre le sien, il s’autorisa à bouger. Lentement, délicatement, au rythme de la respiration qu’il se forçait à contrôler. Il se redressa, et la vue de cet Octans alangui le saisit au cœur. Ses mains caressèrent ses côtes, les pointes de ses hanches.

    Ce qu’il aimait ces saillies osseuses… Le plus petit effleurement faisait partir son esprit un peu plus loin. Et dans cet éther, dans ces prémices de folie, il sentait Octans à ses côtés. Oh non, il n’y avait pas que leurs chairs qui s’étaient rapprochées ! La chaleur de son désir était aussi nette que celle de son corps contre le sien mais son plaisir était encore frémissant, empêché par l’inconfort physique. Soucieux de faire de cette nuit inespérée un moment unique pour eux deux, Eiranos s’efforça d’y remédier. Il ne savait pas combien de temps il tiendrait avant d’arriver au bout mais il se sentait proche et il voulait partager cet instant avec Octans. Il avait presque arrêté de bouger les hanches, ne faisant plus que quelques petits mouvements d’impatience. À leur place, ses mains s’affairaient.



    Puis ce fut l’explosion, le cri étouffé, la toile blanche.

    Quand il rouvrit les yeux, il était effondré en avant, la joue contre la poitrine d’Octans. Il avait la bouche sèche, la vision un peu trouble, la sueur collait ses mèches sur son front, son cœur battait si vite qu’il ne semblait pas pouvoir se calmer un jour. Pourtant, dans l’air rendu lourd par la chaleur et l’odeur de leurs corps, sur ce lit au matelas trop fin et à la couverture râpeuse, il avait l'impression qu'il n'avait jamais été aussi heureux.





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    Un gémissement fleurit au creux de sa gorge et Octans, sous le mouvement des hanches contre les siennes, rejette la tête en arrière et s'étrangle sur un soupir. Et il est étourdi par toutes ces choses qu'il ne connaissait pas : ces sensations qui le traversent et le plaisir qui grimpe ainsi dans la totalité de son corps pour se répercuter jusqu'au plus profond de ses muscles, mais aussi la chaleur et le poids d'un autre homme contre le sien, les baisers, la douceur et la tendresse. Oui, tout ça il se prend à l'apprécier et sourit sans même s'en rendre compte de sentir sa peau contre sa peau, son souffle contre son souffle, d'avoir chaque parcelle de lui qui brûle au contact d'Eiranos. Il le touche du bout des doigts encore, caresse, effleure, découvre en même temps qu'il le sent aller et venir en lui la forme des épaules, le contour des os, la fermeté des muscles, et son souffle se hache au creux de sa gorge, s'échoue contre lui jusqu'à ce qu'il le sente se redresser. C'est étrange, un instant seulement il a la sensation d'être laissé seul, abandonné sans capitaine sur les vagues du plaisir, comblé la seconde d'après par la chaleur dans ses reins qui augmente.

    Il tremble oui, il tremble et tremble encore et il se cambre, vient fermer ses mains sur la paille du lit sur laquelle il a reposé les bras sans trop savoir où les mettre autrement tandis que ses paupières s'alourdissent, tombent doucement jusqu'à recouvrir de moitié ses prunelles. Sur sa peau trop peu hâlée luisent quelques gouttes de sueur, glaciales en comparaison à la chaleur de son corps, qui glissent depuis ses cheveux jusque sur ses tempes, courant le long de sa mâchoire puis le long de sa gorge.

    Il lui semble que ses reins vont exploser au contact de la main sur son entrejambe. Il tressaille, frémit et tremblotte davantage, resserre sa cuisse contre les flancs de son amant. Sa jambe posée sur son épaule est un peu plus douloureuse au fil des mouvements mais au milieu de son désir et de la luxure elle lui semble plus que dérisoire, presque accessoire, et dans ses yeux brillent les prémices d'un ciel encore inexploré, qu'il pourrait presque toucher s'il tendait les doigts. Seulement il n'a aucune envie de se précipiter, il profite, lèvres entrouvertes sur lesquelles se mêlent soupirs et gémissements timides, prénom murmuré parfois lorsqu'il se sent prêt à basculer. Ou lorsqu'Eiranos en changeant légèrement d'angle sûrement sans s'en rendre compte bute contre un point particulièrement plaisant, juste là au creux de son corps, dont il ignorait l'existence.

    Alors il a davantage de frissons qui parcourent son corps et sa voix se brise, s'étrangle, il se crispe tout entier pour ne pas se libérer immédiatement et s'accroche à la main qui étreint la sienne. Et il voudrait le retenir quand il se retire, combler ce vide soudain en lui que le contact plus ferme entre eux parviens légèrement à résorber. Quelques secondes après des flashs viennent danser devant sa rétine, il s'échoue sur le matelas, encore secoué par la jouissance et perdu dans un monde lointain, la tête emportée d'euphorie. Lorsqu'il revient à lui son souffle est court et frappe contre ses oreilles, la joue d'Eiranos est posée contre son torse et il a d'abord l'impression d'être trop lourd pour bouger. Quand enfin il y arrive c'est pour venir glisser ses doigts contre la nuque et caresser ses cheveux, la poitrine se soulevant vivement avec son cœur dedans affolé comme jamais.

    Il ne dit rien, à quoi ça servirait ? Tout ce qu'il y a dans la tête c'est le bonheur et il ne peut s'empêcher de sourire, fermant totalement les yeux en écoutant la respiration de son amant, effleurant toujours sa peau des mains qui redescendent vers ses épaules, en se gavant de la chaleur qu'il dégage. Et pour ça, pour le bonheur, y a pas besoin de mots. Il les bascule finalement pour se caler contre lui, le nez niché au creux de son épaule, un bras passé autour de sa taille et sa jambe se mêlant aux siennes. Il se fiche bien d'être sale pour le moment, il ne souhaite pas bouger, pas pour l'instant. D'ailleurs Morphée peu à peu tend ses bras vers lui et Octans sans le remarquer glisse dans le sommeil, accroché à Eiranos comme à une ancre, la respiration profonde chatouillant la peau.

    Il se réveille un petit temps plus tard, il sait pas combien mais c'est le froid qui le ramène. Frémissant il trace la mâchoire de l'Ivrian (s'il est toujours contre lui) avec ses doigts, pose un baiser sur ses lèvres avant de se lever. Il retrouvera ses vêtements juste pour se réchauffer après s'être succinctement lavé pour se débarrasser de la sueur et de leurs semences. Et si son amant n'a toujours pas bougé il revient contre lui pour le reste de la nuit. Ils l'ont payé cette chambre après tout, il ne compte pas reprendre la route maintenant ou passer le reste de son temps à le regarder au fond des yeux. Et il sourit en tout cas une nouvelle fois, parce qu'il y a au moins une chose pour laquelle ils n'ont pas eu besoin de mots, profitant de la communion de leurs corps.

    Le matin arrive finalement mais Octans ne se réveille pas à l'aube. Il est alourdi de sommeil, comme s'il pouvait passer des années à dormir, et ne revient à lui qu'un moment plus tard. A ce moment là il ne fait aucun doute qu'il comate encore un peu les yeux ouverts avant de se lever. Non sans grimacer légèrement sous la pointe de douleur qui vrille ses reins, à croire que malgré tout il ne pouvait y réchapper.


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    le Ven 30 Mar - 17:37

    Puis vint le matinavec Octans
    Enivré par la satisfaction particulière qui succède à cet acte, Eiranos en oubliait les pincements que sa position courbée faisait déjà naître dans le bas de son dos. Il voulait profiter de la chaleur de la peau d’Octans sous sa joue, du son de son cœur si proche de son oreille. Quand son amant vint toucher sa nuque, il ferma les yeux pour ne plus penser qu’à ces caresses. Après cet épisode apparemment brusque, de corps qui se heurtent, de respirations haletantes, de grognements de douleurs mêlées aux gémissements, ce retour au calme était un épilogue bienvenu, le faisant revenir sur terre en douceur.

    Il se laissa renverser sur le dos avec une certaine curiosité, attendant de voir ce qu’Octans avait en tête. La tranquillité revenue, il avait l’impression d’avoir utilisé ce corps, certes avec tendresse mais aussi avec un fond d’égoïsme indéniable, alors il était prêt à laisser Octans prendre sa revanche – dans une certaine limite. Il fut un peu surpris de le sentir se lover simplement contre lui. Une petite pointe de déception lui vint mais elle fut vite écartée par quelque chose qui ressemblait plutôt à du soulagement. Ces journées de voyage et toutes ces émotions l’avaient exténué. Lui qui, quelques minutes plus tôt, n’envisageait même pas de fermer les yeux, il sentit le sommeil l’envelopper dans ses voiles. Le poids d’Octans posé contre lui ou même sa respiration qui venait régulièrement chatouiller sa peau ne le gênaient pas, bien au contraire. Ils le faisaient se sentir moins seul ; si ce n’est protégé, en tout cas soutenu face aux dangers tangibles du monde ou ceux qui rôdent dans son esprit. Eiranos se sentit ainsi glisser dans le sommeil le plus doux et le plus calme qu’il eût connu depuis qu’il avait dû quitter les jupes de sa nourrice.

    Il fut réveillé, un instant plus tard lui sembla-t-il, par du mouvement contre lui. Octans devait changer de position, se dit-il dans un demi-sommeil, et il essaya de ne pas y prêter attention. La vague sensation d’un doigt suivant le contour de son visage puis de lèvres se posant sur les siennes lui arracha un léger sourire, qui disparut quand il sentit que son compagnon se levait. Rassuré par la soirée qu’ils avaient partagée, ou parce que son anxiété naturelle somnolait encore, il n’essaya pas de le retenir, mais il se redressa mollement sur un coude pour ne pas le perdre des yeux. Peut-être inconscient d’être ainsi observé, Octans se tournait et se contorsionnait pour se laver, exposant son corps sous tous les angles. Des gouttes d’eau qui s’échappaient du tissu humide pour rouler le long de sa peau dessinaient des traînées brillantes attirant les regards, tandis que les ombres projetées par les bougies de la chambre en soulignaient tour à tour les différents creux et reliefs. Eiranos avait beau l’avoir exploré aussi près que possible, il ne se lassait pas de la beauté qu’il percevait dans le contraste entre l’apparente fragilité de cette frêle silhouette et la détermination du jeune homme. Il ne le quitta pas des yeux jusqu’à ce qu’il revienne vers le lit.

    À ce moment-là seulement, l’ecclésiastique se résolut à bouger. Il tira la couverture de sous lui et lorsqu’Octans revint se coucher contre lui, il la ramena sur eux deux. Le tissu était un peu râpeux, ça aurait peut-être été plus confortable qu’il se rhabille, lui aussi, mais Eiranos n’avait toujours pas envie de bouger, surtout à présent que son amant l’avait rejoint. De toute façon, il était d’assez bonne humeur pour ignorer ce désagrément finalement minime. Il s’endormit aussi vite qu’un peu plus tôt.

    Au matin, Eiranos s’éveilla en douceur, un sourire sur le visage. Au souvenir de la veille s’ajoutaient ceux d’un rêve qu’il venait de faire. Il ne se rappelait que quelques images très vagues, minuscules vestiges d’un songe qui avait été bien plus élaboré, mais il gardait la joie et l’optimisme qu’il avait ressenti dans son sommeil. Le soleil était juste levé. Au monastère, c’était l’heure où Eiranos était déchiré entre son besoin de quitter l’isolement indifférent de sa cellule et son manque d’entrain à l’idée de devoir remplir, une énième fois, ses devoirs journaliers. Dans cette chambre inconnue, pour la première fois, il aurait souhaité pouvoir à la fois prolonger cet instant et aller à la rencontre des opportunités que Dieu ne manquerait pas de lui offrir. Il désirait aller de l’avant sans rien perdre du bonheur qu’il ressentait en cet instant.  

    Alors, dans l’optimisme qu’il avait décidé d’embrasser ce jour-là, il finit par se lever. Il avait toujours ce sentiment qu’Octans et lui avaient quelque chose à partager, quelque chose de plus que leurs corps, quelque chose de solide et qui ne risquait pas de disparaître s’il le quittait des yeux. Alors Eiranos se prépara à sortir. S’étant extrait en douceur de l’étreinte d’Octans, il essuya son corps encore humide, renfila sa bure et essaya de remettre un peu d’ordre dans sa chevelure. Quand enfin il se jugea présentable, il quitta la chambre.

    L’auberge était déjà animée. En plus des visages déjà aperçus la veille de voyageurs ayant sans doute passé la nuit sur place, Eirnaos avisa des personnes qu’il supposa être des marchands locaux se rassemblant ici. Il commençait à s’habituer à ce genre d’ambiance, tellement plus spontanées que celle, feutrée et engoncée, du réfectoire de Muvaï. La veille, sa présence avait été remarquée mais Eiranos, fier de son ancien statut, avait apprécié ces chuchotements plus qu’ils ne l’avaient gêné. Aussi, quand il les perçut de nouveau ce matin-là, il ne s’en préoccupa pas et il se dirigea vers le comptoir la tête haute. Il ne remarqua ce qui se tramait que quand l’aubergiste lui lança directement un regard fâché. Choisissant de l'ignorer, malgré son incompréhension, Eiranos demanda de quoi manger mais le tenancier fit d’abord mine de ne pas l’entendre.

    - Vous l’avez volée à qui ? lança-t-il finalement avec un signe du menton en direction de la poitrine d’Eiranos.

    L’Ivrian ne comprit pas tout de suite.

    - Cette peau, précisa brusquement l’aubergiste. Ce froc. Vous êtes pas vraiment moine, hein ? Ou alors, les bruits qu’on a entendus hier soir, c’était votre façon de prier ?

    Quelques ricanements gras éclatèrent en même temps que s’envolaient la bonne humeur d’Eiranos. Son corps se tendit, son visage se crispa et ses sens se mirent en alerte. Il réalisa alors que les discussions autour de lui s’étaient tues et que le parfait timing des rires n’était pas une coïncidence. Le patron avait parlé fort, alertant la plupart des clients. S’il avait entendu quelque chose, il y avait fort à parier qu’il n’avait pas été le seul, et la curiosité de ceux qui n’étaient au courant de rien devait avoir été titillée. Mais Eiranos était plus convaincu que jamais des arguments qu’il avait préparés dans l’optique d’un moment de ce genre

    - J’ai été ordonné prêtre à Muvaï, répondit-il aussi fermement que possible. Et quoi que vous ayez entendu, ça ne vous concerne en rien. Tout cela est entre moi et Dieu. Ou vous pensez pouvoir Lui montrer comment Il devrait faire son boulot ?

    Il était lancé, prêt à continuer, mais un bruit venant du haut des escaliers l’interrompit.




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    le Lun 23 Avr - 11:19

    Octans soupire un peu.

    Il est encore alangui quand le soleil vient caresser ses joues de sa chaleur et un sourire éclaire ses traits, ses paupières battent doucement sa peau et il remue, hésite un peu. Voilà longtemps qu'il n'a pas traîné un peu au lit, en fait ça fait très certainement plusieurs années si tant est qu'il l'ait déjà fait, pour tout avouer il ne se souvient pas avoir en avoir déjà eu l'occasion. Bah, bien sûr il y a eu plusieurs fois où il est resté allongé une minute ou deux avant de sauter sur ses jambes mais jamais plus, jamais au point de se rendormir, jamais comme ceux qui prennent un livre pour s'accorder quelques temps à eux, non. Octans il a toujours été le premier au travail quand il était encore avec son père, à faire le repas, à aller soigner les chevaux et à tout préparer pour le départ et non seulement il le faisait parce qu'on comptait sur lui mais aussi parce que ça lui plaisait. Après tout le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt et c'était bien vrai, ils voyageaient des heures durant et ne s'accordaient du repos qu'au zénith du soleil puis à son crépuscule, foulant le sable côté à côte comme deux vieux habitués. Alors ouais, même s'il a pensé à rester encore un peu allongé le voilà déjà debout et même s'il a tout son corps qui le tire il enfile ses fringues sans un bruit.

    Eiranos, lui, a déjà quitté la chambre mais il ne lui en tient pas une quelconque vigueur, il vit comme il le souhaite et lui même est fortement attiré par l'idée de se coller un truc dans l'estomac.

    Quand il sort de la chambre il se prend un regard moqueur d'un homme qui passait là et ça lui fait froncer les sourcils mais il y prend pas garde. Mais trois pas après y en a un autre et il l'arrête d'une main contre l'épaule, le regard encore plus noir que d'ordinaire avec toute la suspicion du monde lové dedans. Parce qu'il comprend pas. Ni les railleries ni les murmures qui montent à ses oreilles et pas non plus l'air dégoûté qui passe sur les traits de cet homme qui le repousse avec trop de force pour que le nomade puisse rester les pieds cloués au sol. Il s'écrase contre le mur et sent tout son corps se briser sous la douleur de la nuit passée, il lâche un hoquet de douleur et ne retient pas son poing quand il vient éclater le nez du type.

    Ça part de rien, la colère fait gueuler en haut des escaliers et bientôt ils se retrouvent là comme deux idiots à se cogner dessus. Pourquoi ? Octans n'en sait rien en fait, d'ailleurs il n'est pas un bagarreur mais s'il y a une chose qu'il n'apprécie guère c'est bien qu'on le violente sans raison. Car il n'y en a pas pour lui qui ne comprend pas les mots, et s'il a levé le poing c'est uniquement pour remettre à sa place cet homme qui le traite comme un vulgaire déchet. Le soucis c'est bien que ça n'en reste jamais là. L'autre se jette sur lui et les deux se retrouvent mêlés dans un ballet de coups qui ne cesse qu'à partir du moment où on les sépare, toujours est-il que pendant quelques secondes ça fait un raffut pas possible et que l'autre continue de balancer des insultes et des menaces (toujours non comprises heureusement) au nomade qui rajuste comme il peut ses vêtements en reprenant son souffle.

    Or de question de descendre ainsi, complètement débraillé avec l'air d'être allé dans l'arène, et de faire honte à Eiranos. Cependant la trace de sang au coin de sa lèvre ne trompe pas et s'il l'essuie du dos de sa main elle crie presque ce geste qu'ils ont eu. Il descend les escaliers. Il le repère immédiatement et s'approche de lui, un sourire un peu pâle sur les lèvres, presque désolé, avant de se durcir face aux regards des autres. S'il pouvait dire quelque chose, aider, quoique ce soit, mais non, non il a sa langue liée parce qu'il connaît pas les mots d'ici alors il se contente de ses yeux pour dire les choses.

    Ça va ? Il semble demander. Et à ce moment son estomac se décide à gronder de toutes ses forces en rappel de pourquoi il était descendu dans un premier temps.


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    le Dim 13 Mai - 21:51

    L'heure du déjeuneravec Octans
    Si l'on y prêtait un peu attention, le grabuge provenant de l’étage était facile à interpréter : des coups, des corps qui heurtent les cloisons, des vêtements qu’on déchire… Aucun doute, ça se battait. Eiranos soupira, atterré par la bêtise des hommes qui se sentent obligé d’en venir aux poings pour se faire entendre, et était prêt à reprendre sa leçon à l’aubergiste quand un autre client, ayant descendu les escaliers avec une nonchalance tellement appuyée qu’elle virait au ridicule, vint lui poser la main sur l’épaule :

    - Hé, l’prêtre, y’a ton mignon qu’est en train de se faire mettre une raclée.

    Cela semblait beaucoup l’amuser. Pas Eiranos, bien sûr. Sa surprise passée, il écarta sèchement la main de l’homme et lui lança un regard noir. Il aurait voulu répliquer mais entre la grossièreté de la réplique, le terme de « mignon » et la joie apparente qui contrastait avec la gravité de son affirmation, il ne savait même pas par où commencer. Et puis, Octans était un nomade, il devait savoir se battre, non ? Se précipiter pour lui prêter main forte ne serait pas bon pour son image, valait sans doute mieux le laisser gagner. Mais s’il était face à un homme trop balaise pour sa carrure légère…

    Le temps qu’il essaie de prendre une décision, les bruits à l’étage avaient changé. Au milieu des insultes (rien de bien original, des références à des animaux divers et des doutes quant à la virilité du nomade), des cris essayaient de s’imposer. Pas par pure bonté d’âme : d’après quelques mots saisis au passage, Eiranos compris que certains avaient surtout peur d’un retour du bâton de clergé, au cas où ce mystérieux moine aurait bénéficié d’une protection haut placé malgré l’hérésie de ses mœurs. C’était se tromper très lourdement mais mieux valait ne pas les détromper.

    Enfin, Octans apparut en haut des escaliers. Plus inquiet qu’il ne le voulait l’admettre quant à son état, Eiranos vint à sa rencontre. Quand il le vit, le nomade afficha l’air un air gêné presque enfantin qui aurait pu arracher un sourire au moine si celui-ci n’avait pas repéré les traces mal dissimulées du pugilat qui venait d’avoir lieu. Les deux hommes, à défaut de pouvoir se parler, se fixèrent un instant, chacun essayant de percevoir les réponses à ses questions dans les yeux de l’autre. Eiranos s’attendait à être, d’une seconde à l’autre, interrompu par une moquerie ou une remarque mal placée. La sagesse aurait peut-être voulu qu’il l’anticipe et ne tende pas le bâton pour se faire battre mais il avait envie de les laisser dire. Il alla jusqu’à poser la main sur la joue d’Octans pour essuyer du pouce la goutte de sang qui perlait encore au coin de sa bouche.

    Ils furent bien interrompus, mais par un bruit assez inattendu : ce fut le ventre d’Octans qui se rappela à leur bon souvenir. Cette fois, Eiranos ne put retenir un petit ricanement. Il retira sa main, la laissant un peu glisser sur la peau tiède de son compagnon. Quelques grognements commentèrent ce geste mais il lança autour de lui un regard qu’il voulait fier, attrapa la main d’Octans et l’attira doucement vers le comptoir derrière lequel se tenait encore l’aubergiste.

    Il tenait fermement la main de son amant, tant par signe de défi que pour tirer sa force en lui. Quand le grand heirst l’avait confronté, il était seul face à une rangée de moines rigides, engoncés dans leur bien-pensance et dans leur conviction d’agir pour l’Ordre du monde. Les accusations étaient faites de circonlocutions prudes, comme si nommer trop directement cette chose horrible risquait de la faire réapparaître devant eux. Comment aurait-il pu se défendre d’une accusation que personne n’osait formuler ? Dans cette auberge, ceux qui trouvaient quelque chose à lui reprocher s’étaient déjà montrés plus directs. À eux, il pouvait parler sur le même ton et peut-être, alors qu’il pourrait être entendu.

    - Nous surprendre ne vous a pas horrifié au point que vous nous ayez fait quitter votre toit sur le champ, dit-il d’un ton grave. Vous savez que nous ne faisons rien de mal, rien qui mériterait de nous punir. Vous prenez juste ça comme excuse pour vous moquer d’étranger et vous convaincre que vous valez mieux que nous. Que vous soyez aussi aveugles prouve que ce n’est pas le cas.

    En y repensant, une provocation aussi frontale n’était pas forcément nécessaire, mais c’était trop tard.

    - Alors allez-vous nous servir un déjeuner ou devons-nous aller ailleurs en nous plaignant que vous avez refusé de servir un ecclésiastique ?

    Le tenancier ne semblait toujours pas convaincu mais heureusement, son épouse intervint, sur un ton doux malgré ses mains sévèrement posées sur ses hanches :

    - Il t’a fait du mal, chaton ? demanda-t-elle à Octans.

    La réaction du nomade dut lui convenir car elle tapa du dos de la main sur l’épaule de son mari.

    - Sers-les et laisse-les tranquilles. Joue pas ton Père-la-pudeur alors que tu loues des chambres à l’heure. Allez vous asseoir, ajouta-t-elle en direction des deux hommes. On vous apporte ce qu’il vous faut.

    Eiranos la remercia d’une profonde inclinaison de tête et suivit son conseil, tirant doucement Octans derrière lui. Des regards en coin, des commentaires en patois naidien et quelques bruits obscènes les accompagnèrent jusqu’à ce qu’ils s’installent à une table en plein milieu de la salle. Hors de question de se cacher, après cette tirade. Le contrecoup et son cortège de regrets était en train de lui tomber dessus mais il essaya de ne rien en montrer et se força à lancer à Octans des regards pleins de confiance et des sourires rassurants. Mais toujours pas de mots…

    Enfin, l’aubergiste arriva. L’air bien peu ravi, il posa brusquement sur la table un plateau avec une miche de pain et du fromage, deux verres et une cruche d’argile.

    - Cadeau de ma femme, bougonna-t-il en déplaçant brusquement la cruche.

    Une rasade de lait déborda et tomba sur la table. L’aubergiste repartit sans même attendre un merci.




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    le Dim 20 Mai - 22:50

    Il apprécie le geste Octans, la chaleur de la paume sur sa joue qui récolte les marques de sa faute, la douceur de ses doigts en pied de nez magistral aux grognements qui franchissent les lèvres de personnes aux esprits trop fermés qu'ils prennent soin d'ignorer. Car après tout pourquoi se préoccuper de ceux refusant leur amour pour des courbes fermes, puissantes et indéniablement masculines ? Le nomade se réserve le droit de s'offrir et d'offrir à qui il veut et considère qu'il n'y a pas à juger, est-ce qu'il l'a fait après tout quand il a vu durant ses voyages tous ces hommes disparaître dans une chambre louée une heure ou deux – en compagnie d'une charmante demoiselle on s'entend ? Ce serait sacrément impoli (à ses yeux) de regarder dans la couche du voisin, mais ça beaucoup s'en fichent et n'ont absolument pas sa décence sur ce point. Enfin bon, ce n'est pas ruminer ça qui va faire changer le mode alors tout en rougissant un peu il serre les doigts de son amant et s'avance avec lui jusqu'au comptoir, observant l'aubergiste sans aucune animosité. Ne pas comprendre la langue est bien entendu toujours aussi handicapant, pour autant la présence de l'ecclésiastique est rassurante : Au moins il est le seul à rencontrer ces problèmes. Quoiqu'au moins il parvient à se fier aux tons employés pour saisir si on lui veut du mal ou non.

    Aussi, sous les quelques mots adressés à son égard par la femme arrivée devant eux un petit peu plus tôt, Octans se sent rougir et offre son sourire. Ça semble la satisfaire puisqu'elle s'en retourne à son mari – il le devine à la façon dont elle s'adresse à lui – et eux s'en vont vers une table à laquelle ils s'installent.

    Il n'y a toujours pas de mots mais au moins Eiranos tente de le rassurer par ses regards et ses sourires et en aucun cas il ne regrette ce qu'ils sont et ce qu'ils ont fait. Et même si être le centre de l'attention ne lui plaît guère il se force à ne pas quitter son amant des yeux, à ne pas se laisser atteindre parce que ça ruinerait tout, tous les mots et les coups dépensés pour se défendre. Cependant il ne s'empêche pas de tourner la tête vers l'aubergiste quand il leur apporte leur pitance, et au vu de ce qu'il y a sur le plateau le visage du nomade s'éclaire brutalement. C'est dans ces moments qu'il ressemble le plus à sa mère, mais ça personne ne peut le savoir car elle est morte il y a trop longtemps sans jamais avoir vraiment été heureuse. Octans se souvient de ça, vaguement. Il revoit les sourires pâles qu'elle offrait et sa façon toujours un peu triste de l'observer lui, de sa colère quand ses regards dérivaient sur son mari. A l'époque bien sûr il ne savait pas que c'était ça, de la colère, de la haine, de la tristesse, puis en grandissant il avait fini par comprendre.

    Sa mère n'était pas heureuse. Sa mère n'avait jamais été heureuse au camp. Il avait juste fallu du temps pour qu'il puisse le voir car son père ne lui parlait jamais d'elle. Alors il l'avait connu durant six années et puis après sa mort il avait peu à peu oublié son odeur et puis le son de sa voix, jusqu'à finalement ne garder qu'une image floue de ce qu'elle avait été, de ce qu'elle avait pu être, il n'était après tout qu'un petit garçon... Au moins a t-elle pris la peine avant de s'en aller de se soucier de lui, ou juste de l'aimer un peu. Elle aussi d'ailleurs lui portait souvent du lait qu'elle aimait à chaparder au pis des chevrettes de la tribu, alors comme en écho à ce souvenir diffus le voilà qui sourit encore davantage.

    Puis sans surprise il reporte son attention sur Eiranos tandis que ses mains s'emparent de la cruche pour remplir les verres – et il ne fait nul doute que tout disparaîtra, avec ou sans l'aide du moine – avant qu'il ne montre le liquide de son index.

    "Cansha." Lait. "Ishawa." En montrant le pain. "Usha." Puis le fromage. Et chez Eiranos alors, comment on dit les choses ? Octans aime apprendre heureusement alors il s'accommode parfaitement de cette situation là où d'autres s'agaceraient, son sourire aux lèvres comme s'il avait déjà oublié la bagarre en haut de l'escalier. Il attrape du pain et du fromage et commence à contenter son estomac vide depuis un peu trop de temps avec le plus grand appétit, sans quitter le moine des yeux une seule seconde.

    Et maintenant ? Qu'est-ce qu'ils font maintenant ? "Tadala" Il sourit. "Eiranos aye Octans ?" Tu peux t'en aller Eiranos si tu veux. Ou tu peux venir avec lui comme c'était prévu. Où ils iront ensuite , S'il continue, s'il le suit encore, alors il rentrera chez lui et il lui montrera. Le désert, le sable d'or, la chaleur du soleil qui réchauffe la peau et la brunit. Son monde, son monde à lui. L'endroit où il est né et où il a grandit. Sur le dos d'un cheval galopant au rythme des tempêtes.


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    le Mer 13 Juin - 13:24

    Un peu trop de libertéavec Octans
    À défaut d’avoir totalement fait taire le brouhaha des clients, l’intervention de la tavernière avait fini de donner confiance à Eiranos, au point qu’il n’entendait plus rien autour de lui. À regarder Octans leur servir le lait puis s’attabler sans perdre son sourire innocent, il aurait pu se croire dans sa propre maisonnette, à vivre un matin parmi tant d’autres au milieu d’une vie tranquille et heureuse. Eiranos n’avait jamais vraiment rêvé de cela, de ce mode de vie petit bourgeois qu’il avait côtoyé de près, mais en cette seconde, il en oubliait la vacuité pour ne plus voir que son côté insouciant, renfermé sur lui-même. S’il avait tenu tête à l’aubergiste qui l’avait attaqué frontalement, à ceux qui chuchotaient encore dans son dos, il préférait opposer son indifférence. Après cet éclat de bravoure sorti d’on-ne-sait-où, il revenait à l’inaction, savant mélange de lâcheté et de résistance active, même s’il ne voyait que le pôle le plus mélioratif de ce grand écart.

    Octans l’aidait à tenir ce cap. En détournant son attention, en la retenant même, il favorisait ce détachement. Le moine se prêta de bonne grâce au jeu, répétant d’un air concentré les syllabes que son compagnon énonçait. D’ici la fin de la journée, il les aurait probablement oubliés ou mélangés, mais rien que ces trois mots, ajoutés aux quelques autres qu’il connaissait déjà, donnait une douce illusion de proximité. À son tour, il essaya d’instruire Octans, et une fois de plus, le contraste entre les chuintements nakhti et le côté brusque et râpeux de l’ivrian lui sauta aux oreilles. Ce n’était pas une raison pour faire baisser sa langue natale dans son estime mais ça mettait en exergue les différences entre leurs cultures, même si Eiranos était à présent prêt à les considérer plus sereinement.

    Cette petite leçon terminée, ils prirent chacun le temps de se restaurer. Le fromage était légèrement acide et le pain pas vraiment frais mais au moins, cela leur permettrait de commencer la journée avec l’estomac vraiment plein, ce qui ne leur était pas arrivé depuis des jours. Le lait était délicieux, un lait de vache encore un peu tiède, loin du lait de chèvre fort dont il avait dû se contenter lors de son voyage dans le Sud du pays. Et le regard d’Octans, toujours posé sur lui, faisait de ce repas le plus doux qu’il ait jamais pris.

    Il ne perdit son sourire un peu niais qu’à la question d’Octans. Il hésita un moment mais il se rendit étonnamment vite à l’évidence : bien sûr qu’il avait compris, il n’y avait rien de bien compliqué. Octans lui demandait s’il avait l’intention de partir avec lui pour Tadala. Eiranos soupira, détourna les yeux et tenta de cacher son embarras derrière son verre. Il n’y avait pas de réponse facile. Il n’avait aucune envie de se séparer d’Octans maintenant mais il s’était déjà écarté de son chemin en venant jusqu’à Talehe, pouvait-il se permettre de dévier encore plus sa route ? Pour la première fois, Eiranos se demanda vraiment si ce qu’il souhaitait être des signes de Dieu n’étaient pas ses propres désirs. Une peur confuse l’empêchait de prendre une décision : la peur de se tromper de chemin, croyait-il. En réalité, après des années de vie rigoureusement guidée, il était un peu effrayé par la liberté qu’il avait saisie, sans trop s’en rendre compte. Il avait d’abord remplacé la règle monastique par la certitude d’une mission divine, mais confrontée à la richesse du monde qui s’offrait à lui, cette certitude vacillait, laissant entrevoir un vide et une possibilité d’égoïsme que le moine n’était pas tout à fait prêt à accepter.

    Il finit par reposer son verre, le regard baissé sur un point quelconque de la table, et fit jouer ses doigts sur la surface irrégulière de terre cuite.

    - Je ne sais pas, répondit-il finalement en haussant les épaules.

    Après tout, Tadala était un marché prisé des Ivrians, se dit-il. Il savait qu’il était en train de se trouver une excuse mais elle était bonne, se disait-il, et vraie. Et puis, ce n’était pas comme s’il avait d’autres signes de Dieu, donc sans doute ne fallait-il pas prendre le risque de négliger celui qui s’était incarné sous les traits de ce garçon. Et puis, l’alliance de cette beauté, plus perceptible encore au cœur qu’à l’œil, et de ce mystère, ce côté incompréhensible, n’était-il pas ce qui caractérisait Dieu ? La comparaison ne pouvait pas poussée beaucoup plus loin (comment justifié ce côté presque négligé ? cette timidité ? cette touchante maladresse ?) mais elle finit de convaincre Eiranos. Un sourire un peu honteux sur les lèvres, comme pour s’excuser de son hésitation (ou de sa faiblesse ?), il souffla en hochant la tête :

    - Eiranos aye Octans nahi Talehe.





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    Le jeu des langues est des plus amusant pour Octans et il répète, s'acharne sur ces sonorités qui ne lui sont pas toujours naturelles, bute sur le p et râle sur le r. Sur ses lèvres il y a encore son sourire et il est plus fort à chaque seconde qui passe, étincelle, sans jamais s'écorcher sur les minuscules échecs auxquels il doit faire face car il est comme ça le jeune nomade. Positif, enjoué, aussi vif que le soleil de son désert, le cœur brûlant de sa chaleur, et qu'il accepte aussi sans peine les erreurs qu'il peut faire pour en tirer tous les apprentissages nécessaires. Pas le choix faut dire quand la Mort ne peut être qu'à un pas parce qu'on a fait l'erreur de croire que la tempête ne surviendrait pas trop vite ou bien quand l'eau vient à manquer parce qu'on a pensé en avoir assez. Pas le choix non d'être trop prudent et de retenir tout ce qu'on peut des expériences déjà passées car se souvenir c'est rester en vie. Pas le choix et Octans depuis tout petit l'a apprise cette règle là, se rappeler de ses fautes et de celles des autres, écouter et observer, ne pas reproduire le passé sans jamais cesser d'aller de l'avant. Et n'est-ce pas ce qu'il fait avec l'Ivrian aller de l'avant ?

    Oui, et aussi bête que ça puisse paraître le nomade a peur avec lui, peur de faire une bêtise et de le voir partir plus tôt qu'il ne le faut, peur de le brusquer, peur de le fâcher, peur d'en être séparé. Ah bien sûr il faudra bien qu'ils reprennent leurs chemins respectifs à un moment mais pas tout de suite. Pas encore. Et pitié s'ils doivent se séparer il aimerait que ça se fasse le plus tard possible parce qu'il aime bien sa compagnie, quoique devenir sentimental n'était pas dans ses plans quand il s'est décidé à l'emmener.

    En a t-il déjà eu des plans avec lui faut dire ? Il a plutôt saisit sa chance, lui a ouvert le monde, lui a offert des libertés qu'il avait toujours connues lui. Il ne pensait pas qu'il y aurait un peu plus. Qu'ils partageraient un lit. Qu'il découvrirait le goût du plaisir dans ses bras non. Qu'il s'attacherait à lui en tellement peu de temps. Seulement c'est le cas et même s'il s'en trouve un peu bête y a pas possibilité de retour en arrière : Octans apprécie sincèrement la compagnie du moine, sa volonté de ne pas se plaindre et les efforts qu'il fait pour qu'ils puissent communiquer, puis bien sûr sa gentillesse avec lui. Ça l'embêterait alors de ne pas pouvoir continuer à ses côtés. Seulement il n'a pas envie de forcer et c'est pour ça qu'il pose la question, parce qu'il peut s'en aller Eiranos, décider que ce mode et ce train de vie ne lui conviennent pas et s'en retourner à ses voyages en charrettes et à ses prières, s'en aller sur cet autre chemin que pour lui il a quitté. Il ne lui en voudrait pas. Pourquoi après tout ? Ils auraient tout aussi bien pu ne jamais se rencontrer, tout n'a été qu'un coup du destin.

    Pourtant Eiranos lui dit oui. Oui, il va aller avec lui. Et alors le sourire devient encore plus grand et Octans vient presser ses doigts autour de ceux de son amant par le dessus de la table ; il hoche la tête. Son cœur bat fort tandis qu'il songe que pour cette autre partie du voyage il ne sera pas seul non plus – même si la solitude n'a jamais été vraiment un poids à porter sur ses épaules. Profiter de la présence du moine cependant est un réel plaisir et pourquoi s'en débarrasser alors qu'ils s'accommodent parfaitement de la présence l'un de l'autre ?

    Octans ne voit pas de raison à ça et il n'en cherche pas, il mange paisible et profite de ce moment de paix durant lequel personne ne semble plus faire attention à eux. Tant mieux. Il boit aussi beaucoup de lait.

    Puis après le repas faut remonter dans la chambre. Il prépare ses affaires le Nomade parce qu'il a pas l'argent pour rester plus longtemps, et il fredonne en même temps une chanson dans la langue de sa Mère. Est-ce qu'il sait ce qu'elle veut dire ? Non. Et son accent est certainement déplorable parce qu'à nouveau il ne sait pas prononcer toutes les lettres mais c'est pas grave, c'est sa seule chanson souvenir, celle qu'elle lui chantait parfois avant de dormir. Il a tellement l'habitude de la fredonner (il le fait souvent pour calmer Orias ou avant de s'endormir aussi) qu'il s'en rend à peine compte, parce qu'il est lui-même Octans, il est lui-même même en présence de cet homme qu'il connaît depuis pas longtemps, y a pas de raison après tout il a confiance.

    Quand il redescend il laisse quelques sous sur le comptoir pour avoir un peu de pain et de fromage à emporter. Il prononce avec difficulté mais visiblement c'est assez pour que l'homme comprenne parce qu'il pose ce qu'il a demandé juste devant lui. Aussitôt il les emballe dans un linge et les range dans sa besace, y a pas à en dire plus et il remercie d'un merci bredouillé comme il le peut en Naidien avant de s'en aller. Enfin il va pas bien loin. Il se dirige vers l'écurie où les deux chevaux somnolent encore, siffle doucement en avançant vers Orias qui relève sa tête d'or. Il hennit doucement quand il l'aperçoit et vient presser ses naseaux tendres contre sa main, sonne le bonjour avec un enthousiasme qui fait plaisir à voir. Le Nakhti prend le temps de s'occuper de lui. Il vérifie ses membres, la moindre trace de blessure, chasse avec un peu de paille les saletés qu'il trouve là. Il passe un coup de brosse aussi, il l'a toujours dans son sac et elle est faite de poils drus, puis il lui passe le licol, pose sur son dos le tapis qu'il maintient grâce à une courroie bien pratique. Est-ce qu'Eiranos s'en sort avec le sien ? Il viendra sûrement l'aider après ça, c'est jamais facile aussi quand c'est une première fois.

    Il espère que ça sera pas trop dur pour son propre corps Octans. Pour le moment cependant il passe outre la douleur même s'il doit souvent serrer les dents.

    Et quand Marchevent sera prêt ils pourront s'en aller. Continuer le chemin jusqu'à Tadala. Et peut-être alors qu'ils reprendront chacun leur vie qui sait, ou peut-être pas. Il demande à voir, ce qui est sûr c'est qu'il profitera de chaque seconde passée auprès du moine.


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