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    le Mar 3 Avr - 20:32

    Nuit à l'Auberge


    L'auberge dans laquelle j'avais arrêté mon chemin pour la nuit était tout à fait semblable aux autres auberges dans lesquelles je m'étais arrêtées jusque là. Mais l'ambiance y était confortable et le groupe de marchands qui y faisait halte en même temps que moi était de très bonne compagnie. C'était une caravane de drapiers qui se dirigeait vers le désert Nakhti, en traversant toute la partie sud de l'empire et en longeant la côte. Parmi eux il y avait quelques adolescents, venus apprendre le métier de leur père, et je ne pouvais pas rêver meilleur public pour l'un des récits dont je commençais à avoir l'habitude.
    Depuis mon départ de la capitale, j'avais voyagé quelque temps en compagnie de mon ami aux yeux d'or, qui m'avait quitté quelques jours plus tôt, et il nous était arrivé suffisamment de choses pour que je puisse en tirer une histoire digne d'une grande veillée.

    Voilà comment je me retrouvai une fois de plus confortablement installé à une table peu éloignée de la cheminée, avec une bonne pinte de bière locale et tous les regards tournés dans ma direction. Je ne faisais pas ça par vanité et je n'en tirais aucun orgueil. Mais j'aimais animer les soirées, les rendre vivantes et partager des histoires que l'on se raconterait au fil des voyages et qui continueraient à vivre. M'éclaircissant la gorge après avoir bu une gorgée de bière, je me lançai.

    - Mes chers amis ! Laissez-moi vous conter ce soir l'histoire de la naïade que nous avons aperçue au détour d'un chemin creux, pas plus tard que la semaine passée !

    La malheureuse jeune créature s'était trouvée aux prises avec un soudard qui comptait l'emmener pour la vendre sur le marché aux esclaves de Tadala, sans imaginer que sa délicate carnation ne pourrait évidemment survivre à la rudesse du chemin, et encore moins à la chaleur écrasante du désert. Je décrivis donc avec forces détails grandiloquents notre intervention, pour le plus grand plaisirs des jeunes hommes qui ne me lâchaient pas des yeux.
    Tous savaient que j'exagérais mais cela faisait partie du jeu. Souventefois, la réalité est bien terne face à la fiction. Et pour voir des étoiles briller dans les splendides yeux bleu nuit qui ne me quittaient pas, j'étais prêt à raconter comment je lui décrocherai la lune. C'est bien là mon problème. Je ne sais pas résister aux yeux des hommes. C'est la première chose que je remarque et, s'ils sont les miroirs de l'âme, alors ce sont les plus beaux miroirs qui soient.

    Tout en continuant mon récit, je ne peux m'empêcher d'y glisser une allusion légèrement grivoise qui fait rire grassement l'assemblée. Et apparaître un hâle rose sur les joues de mon charmant admirateur. Oh, il doit avoir mon âge, peut-être un an de moins, mais il y a cette candeur dans le sourire espiègle qu'il m'envoie qui le fait paraître plus jeune. Si je suis chanceux, je pourrais sans doute passer un instant en sa compagnie et échanger quelques mots avant que nos routes ne se séparent demain. Peut-être même que nous pourrons partager plus que des mots...
    A Talehe, j'avais peiné à trouver des hommes partageant mes tendres inclinations. Je pensais que cela serait plus difficile encore sur les routes, mais je me trompais sur toute la ligne. Ce jeune homme aux yeux de nuit était le deuxième à m'adresser ce sourire si particulier, après un marin croisé au jour de mon départ et qui avait été comme un magnifique adieu à la ville que je laissais derrière moi. A ma façon, j'aimais chaque amant qui partageait ma couche et je magnifiais leur souvenir et leur amour en récits plus poétiques que je réservais à d'autres audiences.

    Perdu entre mes douces pensées et mon récit épique, je ne remarque pas l'entrée d'un nouveau client, du moins pas avant qu'il n'échange quelques mots avec l'aubergiste, provoquant une très légère déconcentration dans mon public. Les gens sont curieux. Ils regardent qui vient d'arriver, puis me rendent leur attention et je continue à raconter notre sauvetage et le duel acharné qui m'avait opposé à ce mercenaire en maraude. J'arrive bientôt à la fin du récit, ce qui me permettra de me désaltérer un peu avant d'en reprendre un nouveau ou bien de discuter avec quelqu'un quelques temps. Au moins jusqu'à ce que mon joli garçon vienne me trouver.


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    le Dim 8 Avr - 16:02

    Malgré la douceur de l’hiver, Nadrien était réticent à regagner la route de Layane. On ne savait jamais vraiment quand la neige arrivait et, sans cheval ni compagnon de voyage, il n’était pas prudent de tenter sa chance. De plus, après une saison entière à Talehe, le jeune homme rêvait d’un climat sec et de s’éloigner de l’air chargé de sel. À l’auberge du Heron qui Louche où il logeait depuis son arrivée en ville, Nadrien surprit une conversation d’autres saisonniers : les terres accueillant les blés de printemps devaient être préparées. Il n’en fallait pas plus pour le décider quant à sa prochaine destination : il irait donc vers l’Ouest, vers la vallée Hautherbe. Un saisonnier va là où le travail le mène ; il n’était pas question de faire la fine bouche. Un jour où le travail manquait dans la capitale Naidii, il prit son baluchon et reparti seul sur les routes. Comme il s’y attendait, les autres travailleurs refusèrent de quitter Talehe avant l’arrivée du printemps.

    En chemin, le saisonnier retrouva vite ses vieilles habitudes. Dormir à la belle étoile ne le dérangeait pas, lorsque les auberges se faisaient rares. Parfois, lorsque la solitude devenait trop pesante, il chantait pour lui-même de vieux chants du Nord. Il lui arrivait de croiser des marchands se dirigeant vers Talehe avec qui il partageait volontiers un repas. Le troisième soir, alors que le soleil disparaissait à l’horizon, un bâtiment apparut sur le bord de la route. Si Nadrien avait su lire, il aurait pu déchiffrer le nom du lieu. Malheureusement, il dû se contenter de se repérer à l’enseigne représentant une pinte et un lit, signe qu’il s’agissait effectivement d’une auberge. De l’extérieur, il entendait déjà des voix s’élever. Il poussa la porte de bois pour pénétrer dans la salle, chaude, sentent la bière et les épices. De la table proche de la cheminée provenait une voix qui surplombait les autres. Elle narrait des récits qui attisaient la curiosité du jeune homme. Il s’approcha du comptoir afin de commander un dîner et une pinte, ainsi qu’un lit pour la nuit, avant de s’installer à une table assez proche pour pouvoir écouter distraitement la suite de l’aventure. Le repas était convenable, la bière bonne. Il espérait que le lit serait confortable, afin de profiter au mieux de la soirée. Dès demain, il devra commencer à approcher des agriculteurs locaux jusqu’à se faire embaucher pour quelques jours ou semaines. Il devait profiter de cette soirée tant qu’il le pouvait. Par la suite, il serait bien trop fatigué pour profiter de son temps libre.

    Alors que l’histoire touchait à sa fin, Nadrien commanda deux nouvelles pintes. Quand les badauds commencèrent à s’éloigner de la table, le jeune homme s’installa à la table du conteur et posa l’un des verres devant lui.

    « En payement pour ce spectacle. »

    Il n’avait pas eu le sentiment de s’imposer. L’homme roux devait être légèrement plus âgé que lui, mais il semblait aimer la compagnie. De plus, toutes les autres personnes présentes dans l’auberge repataient à leur table respective. Seul un jeune garçon semblait s’attarder, lançant des regards tantôt vers le rouquin, tantôt vers Nadrien qui ne s’en rendait pas compte.

    « Vous semblez avoir vécu bien des aventures. »

    C’était une invitation à raconter à nouveau. Nadrien utilisait plus ses oreilles que sa langue. Facilement impressionnable, écouter les personnes plus expérimentées que lui était son occupation préférée. Malgré les rencontres, il avait cette candeur qui lui faisait croire que tous ces récits étaient véridiques. Il adressa un petit sourire à son voisin de table et leva son verre.

    « Aux histoires, aux conteurs et à ceux qui ne se lasse pas de les écouter. »

    Il but deux gorgés amères avant de reposer sa pinte sur la table de bois.




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    le Mer 11 Avr - 21:44

    Nuit à l'Auberge


    Je finis mon histoire sous les applaudissement et la conclus par une courbette assortie d'un sourire. J'aime savoir que mon récit a plu à ceux qui l'ont entendue. Je ne fais pas ça pour l'argent ou pour quoi que ce soit, simplement pour le plaisir des gens. Parce qu'un sourire est souvent bien plus agréable qu'une bourse de monnaie. Je n'ai pas à m'en faire de toute manière, il arrive très régulièrement que l'on m'offre le gite ou le couvert parce que mon histoire a plu. Je n'en profite jamais mais je dois avouer que je ne refuse pas non plus.
    Alors que les gens commencent à se disperser, je croise le regard nocturne de mon charmant auditeur qui m'adresse un clin d'oeil et un sourire ravageur. Oh, la plus belle aventure de ce soir reste à venir et n'aura pas lieu dans la salle d'auberge ou sur les chemins. Plutôt entre les draps de mon lit, à vrai dire. Ou du sien, suivant quelle est la chambre la plus proche...
    Je n'ai pas le loisir de poursuivre ce galant échange car un homme s'installe à ma table avec deux pintes de bière bien mousseuse, une pour lui et une pour moi. Comprenant que l'amour devra attendre un peu plus, je souris à l'ange aux yeux de nuit.

    - Pourrais-je vous inviter un peu plus tard dans la soirée ? J'aimerais avoir le plaisir d'échanger quelques mots avec vous...

    Je suis ravi de le voir me répondre d'un sourire éblouissant et m'envoyer un baiser silencieux du bout des lèvres avant de se glisser parmi les autres clients. Rassuré à ce sujet, je me tourne vers celui qui s'est installé à ma table et le salue.

    - Pardonnez-moi, je voulais rassurer mon jeune ami quant à mon intérêt. Je suis fort aise que mon récit vous ait plu, il ne s'agit que d'histoires récoltées au fil de mes voyages et embellies pour le plus grand nombre.

    La bière coule dans ma gorge, fraiche et parfumée, me désaltérant après ce long moment à parler devant la foule. Cette auberge sert des aliments de qualités et je ne regrette pas mon choix.

    - Je vous remercie pour cette pinte, elle est d'une douceur sans pareille pour mon gosier asséché. Au fait, je me nomme Calisto, voyageur de mon état. Et vous ?

    J'ai pris l'habitude de ne jamais donner mon nom de famille lorsque je me présente sur la route. Parce qu'en quittant Talehe pour parcourir les chemins de Noren, j'ai renoncé à tout ce que j'étais auparavant. Je ne suis plus que Calisto le voyageur et je me sens plus heureux que jamais. Je suis enfin devenu moi-même.

    - Peut-être désirez-vous entendre quelque récit de mes voyages précédents ? Je m'en reviens tout droit de Penden, où j'ai dû séjourner après m'être blessé dans les profondeurs de la forêt Haï. Je peux vous conter une légende du peuple Qiang, ou bien les merveilles de cette sombre forêt connue pour être hantée...

    En vérité, j'ai vécu tant de choses que je pourrais passer la nuit entière à parler sans jamais dire deux fois la même histoire. Du coin de l'oeil je remarque que le garçon aux yeux sombres s'est installé à la table juste à côté de la nôtre. Il n'a l'air de rien comme ça mais je sais qu'il écoute et cela me fait sourire. Si ma vie pouvait être composée d'instants tels que celui-ci, avec un ami à ma table pour converser autour d'une bonne bière, et un futur amant aux tendres sourires près de moi, je serai le plus heureux des hommes.


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    le Mar 24 Avr - 0:15

    Nadrien se retourna pour voir à qui s'adressait le conteur, mais le jeune homme lui tournait déjà le dos, s'éloignant à travers la pièce. Il ne chercha pas plus loin, jugeant préférable de ne pas se mêler des histoires qui ne le regardaient pas.

    « J'espère ne pas vous importuner. »

    Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'il avait peut être imposé sa présence au conteur. Il n'insista pas, voyant le rouquin s'adresser à lui de façon avenante. Il posa un bras sur le rebords de la table, contre son ventre, alors que sa main gauche jouait avec la pinte encore bien remplie. Son baluchon de voyage était posé entre ses jambes. L'expérience lui avait appris à veiller sur ses affaires.

    « Nadrien. Je viens du Nord. »

    Son nom de famille n'était pas nécessaire, tant il sonnait inconsistant à ses oreilles. Son père était peut être mort de fatigue sur les terres infertiles. Son frère avait trouvé une nouvelle demeure dans un monastère. Ce qu'il était à présent, Nadrien le devait à sa propre bêtise et non à son nom.

    Il regarda autours de lui. L'auberge était devenue bruyante, maintenant que chacun était retourné à ses bavardages. La  luminosité avait déclinée mais le feu créait des reflets dorées sur le visage de Calisto. Quant à l'odeur, elle était celle de toutes les auberges : bière, ragoût et sueur. C'était devenu une ambiance familière pour le jeune saisonnier.

    « J'adorerais entendre des légendes des sorcières Qiang. Si vous n’êtes pas lassé de parler. »

    Parler deux fois moins que son vis à vis ne le dérangeait guère. Il prit une nouvelle gorgée, les yeux toujours rivé sur son ami du soir et affichant toujours un sourire. Il ignorait tous des Qiang. Jamais il ne s'était aventuré à l'Ouest de la vallée Hautherbe. Cependant, il avait entendu de nombreuses histoires concernant les femmes vivant de l'autre côté des montagnes ; beaucoup de saisonniers étaient des anciens militaires fatigués de tenir les armes mais aimant narrer les récits martiaux. Il restait curieux. Ces femmes lui apparaissaient comme irréelles. Il était convaincu que jamais, dans son existence, il n'aurait le cran de pénétrer sur leur territoire.




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    le Dim 6 Mai - 19:14

    Celui qui s'est installé à ma table n'a pas l'air d'être un bavard. Mais ce n'est pas grave, je préfère cela à un curieux qui me couperait la parole à tort et à travers. Au moins, ce qu'il dit est simple et concis. Il ne s'embarrasse pas de frivolités qui ne feraient que retarder d'autant le moment où je pourrais retrouver mon ange pour vivre la plus belle aventure de la soirée.

    - Une légende Qiang, hein ? Ce sont les plus passionnantes, ou du moins les plus épiques. Plus encore que celles de l'empire je crois. Voyons voir... laquelle vais-je donc vous conter ? Que diriez-vous de l'épopée de Zhan-Shi Yonggan, l'une des plus grande guerrière que ce monde ait connu ?

    C'est une histoire particulièrement tragique, mais elle est très belle. Les anciens troubadours en avaient fait une chanson de geste dont l'air s'est hélas perdu depuis de nombreux siècles, mais il en reste la trame principale, suffisamment pour que je puisse en raconter l'histoire sans trop en dévier.
    Toutefois, comme elle est assez longue, je prends le temps de boire une gorgée de bière fraiche et je m'installe confortablement dans mon siège, avant de commencer mon récit.

    - Zhan-Shi Yonggan était la plus grande générale de son époque. On ne compte plus les batailles qu'elle a menées à la victoire et c'est sous son commandement que l'armée Qiang a conquis les terres qui forment aujourd'hui leur royaume. C'était une femme de grande qualité, excellente stratège, à la discipline de fer mais qui connaissait la pitié et la compassion. Et, qui plus est, elle était très belle. Si belle, même, que l'on raconte que des ambassadeurs Ivrians étaient venus la demander en mariage pour le prince héritier de l'Empire. Mais Zhan-Shi était avant tout une guerrière. Elle refusa la demande en mariage mais proposa la fille de la Généralissime Chong-Gao Jian à sa place, consolidant ce qui était alors une alliance commerciale fructueuse.

    Je m'arrête un court instant, pour que l'introduction de mon récit ait le temps de faire son effet. Ce faisant, je prends une petite gorgée de ma bière, puis je continue.

    - Bien sûr, sa réputation de générale invaincue et de plus belle femme de Noren ne lui apporta pas que des amitiés, bien au contraire. Au sein de sa propre armée, des officières commencèrent à intriguer en vue de prendre sa place. Cependant, comme elle était redoutable, si redoutable qu'on la disait invincible, elles résolurent d'user de quelques stratagèmes pour l'éloigner de son poste et s'assurer qu'elle perde à jamais les bonnes grâces de la Généralissime. Comme par hasard, Chong-Gao Jian tomba malade et elle fit appel à Zhan-Shi car elle était la personne en qui elle avait le plus confiance, et c'était aussi son amie. "Zhian-Shi, la maladie qui me ronge est aussi soudaine que mortelle. Si je ne reçois pas bientôt un remède, j'ai bien peur que notre territoire soit sur le point de se choisir une nouvelle Généralissime car je doute de m'en relever." Cette nouvelle causa une grande inquiétude à la générale qui craignait pour la vie de celle qu'elle avait juré de servir envers et contre tout. Résolue, elle l'interrogea. "Généralissime, que puis-je faire pour vous soulager ? N'y a-t-il pas un moyen qui permettrait de vous rendre la santé ?" Chong-Gao Jian lui expliqua alors qu'elle avait consulté diverses guérisseuses, toutes plus éminentes les unes que les autres, et qu'elles avaient été unanimes. La seule chose qui pouvait la sauver était l'eau miraculeuse d'une source qui jaillissait au cœur de la sombre Forêt Haï. Cette terrible forêt maudite où personne ne mettait jamais les pieds car elle était hantée par des esprits qui égaraient les voyageurs pour les dévorer. Mais Zhan-Shi était Zhan-Shi Yonggan l'Invincible, Grande Générale du Territoire Qiang, Vainqueure de Chan-Zhu et de Penden, Première Conseillère de la Généralissime et Gardienne des Portes Anciennes. Rien ne pouvait l'arrêter et elle s'aventurerait sans peur dans la forêt maudite pour sauver sa souveraine, même si elle devait y aller seule, même si elle devait y laisser la vie. Elle n'échouerait pas.

    Comme toujours lorsque je raconte cette histoire, je suis surpris par l'intensité de l'émotion qui me noue la gorge. Un frisson me parcourt et je sens mes bras se hérisser de chair de poule alors que mes yeux s'humidifient. Zhan-Shi Yonggan est sans aucun doute le plus grand héros de Noren à mes yeux. Et c'est avec un immense respect que je fais vivre son histoire héroïque et tragique.

    - La Générale partit le jour même, sans escorte, en direction de la forêt Haï, laissant le commandement des armées aux mains de son lieutenant, Jian-Rui Bishou, en qui elle avait toute confiance. Ses adversaires n'attendaient que cela, persuadées que même Zhan-Shi Yonggan l'Invincible ne pourrait revenir vivante de cette mission-suicide au cœur de la forêt maudite dont personne n'était jamais revenu. Elle s'enfonça donc dans les terres, en direction de la frontière avec l'Empire Ivria, et ne ménagea pas ses efforts pour s'y rendre le plus vite possible. Puis elle s'aventura dans cette zone mystérieuse et redoutable, sans savoir ce qu'elle allait y découvrir...

    M'étant moi-même rendu dans la forêt en question, j'ai une idée assez précise des lieux, ce qui me permet d'appuyer mes descriptions pour donner à mon auditeur l'impression qu'il y est. Je raconte comment elle a échappé aux redoutables rasçins qui ont failli avoir ma peau, je parle des Xiangû malicieuses qui lui ont fait perdre son chemin plusieurs fois, de toutes ces épreuves qu'elle a dû traverser sans que jamais son cœur ne faiblisse, puis j'en arrive au plus important.

    - La source fabuleuse était là, claire et limpide sur un tapis de mousse verdoyante. Enfin à portée de main. Zhan-Shi s'en approcha avec circonspection, s'attendant à voir surgir une éventuelle défense de cet endroit magique. Toutefois, la protection qui apparut ne ressemblait à rien de ce qu'elle attendait. L'esprit de la forêt prenait corps de l'air et de la mousse à la fois, paraissait se constituer de la brume étincelante autour des eaux de la source. C'était une créature changeante et magnifique, devant qui Zhan-Shi s'agenouilla respectueusement. Je vous demande pardon pour cette intrusion, je suis simplement venue chercher le remède qui pourra guérir ma souveraine de la maladie qui lui est fatale. Puis-je prendre quelques gouttes de cette eau magique que vous gardez ? Au fil de ses nombreuses campagnes militaires, elle avait appris que la politesse pouvait ouvrir plus de portes que la force et la violence. Et cette fois ne fit pas exception. Sa délicatesse charma l'esprit qui lui offrit volontiers ce qu'elle était venue chercher. Mais Zhan-Shi réalisa alors que le prix à donner pour cette eau miraculeuse était bien plus élevé que tout ce qu'elle aurait pu imaginer car elle y laissa son cœur, entre les mains si délicates de la créature éthérée.

    C'était mon moment préféré de la légende, celui à partir duquel j'avais envie de changer la fin pour que toute l'histoire garde seulement cette douce poésie magique. Hélas, cette épopée aurait été oubliée de tous si elle s'était achevée à cet instant.

    - Cependant, elle devait connaitre le bonheur car Jingshén, tel était le nom de l'esprit, lui rendit son amour et accepta de l'accompagner, laissant la garde de la fontaine à une autre des innombrables créatures qui peuplent la forêt Haï. C'est donc accompagnée de son amour que Zhan-Shi s'en retourna auprès de sa souveraine dont l'état n'avait jamais cessé de l'inquiéter. Ce qu'elle ignorait, hélas, c'était que les traîtresses qui avaient œuvré à son départ n'étaient pas restées inactives durant son absence. La princesse qui avait épousé l'héritier d'Ivria avait profité de la faiblesse de sa mère pour prendre le Territoire en main en tant que Régente. Tout en affichant publiquement ses angoisses au sujet de la santé de sa mère, elle se réjouissait de pouvoir gouverner et le Territoire Qiang, et l'empire Ivria. Le rétablissement de la Généralissime était donc devenu une chose à éviter à tout prix, raison pour laquelle elle s'assurait que le poison qui l'avait rendue malade continuait à lui être administré. Le retour de Zhan-Shi fut pour elle une véritable épine dans le pied, mais la présence de l'esprit qu'elle aimait si évidemment fut une bénédiction. La princesse la laissa porter l'eau fabuleuse à sa mère. Le pouvoir de la fontaine lui redonna quelques couleurs et parut l'arracher à la mort, mais le mal était si profond qu'elle ne reprit pas conscience pour autant. Sans s'embarrasser de scrupules - on raconte que la vie à la cour d'Ivria les lui avait tous ôtés - La fille de la Généralissime reprit la parole d'un ton obséquieux. "Vous avez été prévoyante, Grande Générale Zhan-Shi, d'amener avec vous cette sylphide. Son sang sera sans aucun doute plus puissant que l'eau de la fontaine et réveillera ma pauvre mère de son sommeil mortel. Allons ! Que l'on amène un poignard sacrificiel et une vasque ! L'esprit sera vidé de son sang sur l'heure !" Tout le monde s'exécuta, au grand désespoir de Zhan-Shi qui dut lutter entre son devoir et son amour pour s'interposer face au désir de la princesse. "Je vous en prie ! Nul doute qu'un peu de sang suffira à sauver la Généralissime, il est inutile de tout lui prendre, lui ôter la vie serait cruel. Au nom de toutes ces années de service, et de tout ce que j'ai offert à notre peuple, je vous supplie humblement d'épargner la vie de mon amour... Dans la pièce, toutes les guerrières s'étaient arrêtées car elles vouaient un profond respect à leur Grande Générale, mais la princesse restait la dirigeante du territoire et elle refusa d'accéder à la requête de Zhan-Shi. On alla chercher le poignard et la vasque.

    Mon cœur se serre en arrivant à cette partie du récit, parce que je sais que la cruauté est un fléau qui a fait plus de ravages qu'on ne saurait l'imaginer. Je fais une nouvelle pause, puis je reprends, à voix plus basse, penché vers mon auditeur.

    - La Grande Générale fut placée sous bonne garde pendant ce temps, sous les yeux de son amour. Jingshén était un être foncièrement bon, étranger à la violence des mortels. Les actions de ces derniers lui étaient incompréhensibles mais il lui fut évident que donner son sang à la Généralissime serait seul moyen de la ramener à la vie et de protéger celle qui lui avait volé son coeur. Ignorant les femmes qui accouraient avec les objets destinés à lui ôter la vie, l'esprit s'approcha de Zhan-Shi pour déposer un chaste baiser sur ses lèvres, puis alla s'agenouiller auprès du lit où gisait Chong-Gao Jian. Dans son innocence, Jingshén tendit son bras à la guerrière qui tenait le poignard et la lame blessa cruellement sa chair. Le sang jaillit, éclaboussant le visage de la Généralissime. La créature sylvestre s'effondra sur le lit et Zhan-Shi poussa un cri si terrible qu'il ébranla les murs du palais. Elle se précipita vers son amour pour le recueillir dans ses bras, mais hélas il était trop tard. La douce sylphide rendit son derniers souffle dans ses bras, sans avoir réalisé que sa vie lui était prise pour blesser celle à qui elle avait abandonné son cœur.

    Il m'est difficile de garder ma voix claire, exempte de tremblements alors que je sens les larmes me monter aux yeux. J'ai déjà conté cette histoire une dizaine de fois, et j'ai pleuré chacune de ces dix fois, pour cet amour sacrifié sur l'autel de la cupidité.

    - La générale Yonngan, réalisant que la princesse avait orchestré tout cela depuis le début, n'écouta que sa rage et son désespoir. Elle se jeta sur la félonne pour venger sa souveraine et son amour, sans remarquer que le sang de Jingshén avait été assez puissant pour guérir immédiatement et complètement la Généralissime. Voyant sa mère se lever, la princesse voulut faire croire que Zhan-Shi était revenue démente de la forêt Haï et tentait de l'assassiner pour prendre sa place, mais la Généralissime avait été témoin de sa félonie depuis le lourd sommeil dans lequel elle avait été plongée. Il n'y avait pas lieu d'être miséricordieuse envers une telle traîtrise, et encore moins venant de sa propre fille. La princesse fut bannie du territoire et les officières qui avaient ouvrées à cette conjuration furent exécutées sur l'heure. En réponse au bannissement de son épouse, le prince héritier d'Ivria déclara la guerre au Territoire Qiang mais la Généralissime ne se laissa pas impressionner. Le sang de Jingshén lui avait rendu toutes ses forces, et plus encore. Elle fit donc positionner ses troupes en défense du territoire, puis ordonna des funérailles grandioses pour l'esprit de la forêt à qui elle devait la vie. Bien sûr, elle prenait la mesure de la douleur que ressentait sa fidèle Zhan-Shi face à cette perte, mais elle ignorait comment atténuer cette peine. Lorsqu'elle le lui demanda, Zhan-Shi n'hésita pas. Généralissime, j'ai déjà donné tout ce que j'avais à votre service et à celui du peuple. La seule chose que je vous demanderais aujourd'hui sera de me laisser partir avec Jingshén. A l'aube de cette guerre qui se profile, Jian-Rui Bishou saura égaler ma bravoure et vous mènera à la victoire aussi bien que je l'ai fait. A ces mots, elle s'empara du poignard encore taché du sang de la sylphide, et le plongea droit dans son cœur. Elle fut ensevelie aux côtés de Jingshén dans un tombeau magnifique que cache aujourd'hui une forêt dense et impénétrable, et la Généralissime Chong-Gao Jian ne cessa jamais de pleurer cette amie qui lui avait tout donné, jusqu'à sa mort.

    Je m'arrête ici, prends le temps de respirer et de boire une gorgée de ma bière qui n'a plus tout à fait la même saveur. Elle me parait un peu plus amère mais peu importe, elle fait passer la boule qui me serre la gorge et me permet de conclure mon récit.

    - La guerre entre Ivria et Qiang ne s'est jamais terminée. La générale Jian-Rui Bishou était talentueuse mais elle n'égala jamais la légendaire Zhan-Shi Yonggan et ainsi en fut-il de toutes celles qui lui succédèrent. De nombreux siècles se sont écoulés depuis, mais jamais les guerrières Qiang n'ont oublié cette histoire si particulière.

    Cette fois, c'est bel et bien la fin. Je m'arrête, je prends une profonde inspiration, puis je cligne un peu des yeux avant de finir ma pinte de bière.

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    le Mar 12 Juin - 0:33

    Dès que l’homme commença son nouveau récit, Nadrien arrêta de boire. Bon public, il fut tout de suite emporté dans l’histoire. Il n’avait jamais été introduit à la culture de leur ancienne ennemie. Des femmes réussissant à tenir en respect l’armée ivriane, il n’y avait jamais vraiment cru. On aurait dit une mauvaise histoire racontée par un saltimbanque un peu saoul. Dans le Nord, certains pêcheurs formulaient l’hypothèse que ces guerrières n’étaient en fait que des garçons aux traits fins et aux cheveux longs. D’après les anciens soldats, il était difficile de distinguer le sexe d’un Qiang au premier regard. Il pourrait très bien s’agir d’hommes cachés sous des armures aux courbes féminines afin de faire mourir de honte les meilleures colonnes de l’Empire.

    Mais tant que Calisto parlait, le jeune homme oubliait ses doutes pour ne laisser place qu’à la curiosité. Il mélangeait les noms propres aux sonorités exotiques, mais comprit le principal. Il lui arrivait même de sursauter lorsque le ton du conteur se durcirait soudainement. Sa main tenait fermement sa pinte, mais il ne pensait plus à la porter à ses lèvres, du moins jusqu’à ce que l’histoire prenne fin. Il souleva alors sa bière et la vida dans sa bouche avant de l’avaler à grand bruit.

    « Jamais l’Empereur ne pleurerait la mort d’un de ses générales. Car nous savons tous que sa vie est ce qu’il y a de plus précieux dans l’Empire. »

    Ses yeux fixaient le sol au centre de la pièce. Il parlait autant pour lui-même que pour son vis-à-vis. C’était en fait une prise de conscience. Comment les Qiang pouvaient-elles vivre sous les ordres d’une personne comme les autres ? Il fallait être fort, laisser ses émotions de côté pour réussir à gouverner un pays et le maintenir à son plus haut niveau, comme Ivria. Pourtant, loin de le dégoûter, cette constatation ne fit qu’accroître sa curiosité.

    Le garçon avait tellement de nouvelles questions qu’aucune ne parvenait à franchir la barrière de sa bouche. Après quelques bredouillements, il réussit à se reprendre.

    « Vous y êtes allé ? Vous avez rencontré les sorcières ? C’est l’une d’elle qui vous a raconté cette histoire ? Parlez-vous leur langue ?! »

    Il s’arrêta net, se rendant compte de son impolitesse. Il baissa les yeux sur sa pinte vide.

    « Je vous prie d’excuser mon enfièvrement. Je n’ai jamais eu l’occasion de rencontrer quelqu’un ayant autant voyagé que vous, ou qui en parle si bien. Laissez-moi remplir à nouveau nos verres avant que vous ne soyez lassé de ma présence. »

    Nadrien se leva, les chopes dans une main, et se dirigea vers l’aubergiste qui lui servit deux nouvelles bières bien mousseuses.

    « Vu sa façon de parler, votre ami à sûrement plus d’argent qu’vous, v’savez. Vous n’devriez pas payer pour lui. C’qu’mon avis. »

    Il ne répondit que par un froncement de sourcil et retourna à sa table. Il n’avait pas réfléchi à cela. Après tout, les clients de ces auberges étaient rarement des nobles en transits. Il lui semblait parfois que seuls les saisonniers et les marchants s’aventuraient sur la route, en plus de voyous se cachant dans les bois. Il décida cependant de ne pas aborder ce sujet avec son compagnon du soir, par peur de se montrer trop indiscret.

    « Maintenant que nous sommes ravitaillés, je vous en prie, racontez moi votre rencontre avec les Qiang. »



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    le Mar 17 Juil - 12:37

    Nuit à l'Auberge


    La curiosité de mon vis-à-vis me fait sourire. J'aime bien lorsque j'ai un public attentif, qui écoute vraiment et qui cherche à en savoir davantage, même si je ne peux pas m'empêcher de grimacer chaque fois que j'entends les Qiang être désignées comme "sorcières". L'ignorance des gens est un fléau contre lequel je veux me battre jusqu'au bout, avec peut-être l'espoir d'apporter un peu de paix.

    Je laisse donc le garçon me poser toutes ses questions, attendant qu'il se calme un peu avant de répondre. Mais comme il finit par s'arrêter et respirer avant de s'excuser puis s'en aller nous chercher à boire, je décide de patienter un petit peu plus. Du coin de l'oeil, je remarque mon ange aux yeux de nuits qui me sourit presque timidement et je lui rends son sourire avec sincérité, charmé. Enfin, Nadrien revient avec deux belles bières fraiches qu'il dépose sur la table.

    - Je vous remercie pour cette attention, douce à mon gosier desséché. Et je vais désormais tâcher de répondre à toutes vos questions, en espérant n'en oublier aucune.

    Je prends le temps d'avaler une longue gorgée de bière fraiche et bien mousseuse, puis je repose la chope sur la table, je m'essuie la bouche d'un revers de manche, et je reprends la parole.

    - Effectivement, je me suis trouvé à passer en Territoire Qiang. A vrai dire, il serait plus juste d'avouer que je me suis perdu dans la forêt Haï et que, sans l'aide providentielle d'une guerrière Qiang, je serais actuellement en train d'y pourrir lentement pour nourrir les dangereuses essences de plantes qui y pullulent. Comme j'étais blessé à la cheville, la guerrière m'a soigné et a eu la bonté de me régaler de quelques histoires propres à son peuple. Dont, entre autres, celle-ci.

    Je me rappelle la farouche Meï et je retiens un sourire en me rappelant à quel point elle avait grommelé tout en me soignant. Récupérer un maladroit voyageur naidien perdu au beau milieu d'une forêt était pour elle à peu près aussi utile que de se planter une épine dans le pied. Et pourtant, elle avait été terriblement patiente et je n'avais aucun doute quant au fait que je lui devais la vie. Plusieurs fois, même.

    - Celles que les Ivrians et les Naidiens appellent les "sorcières" sont en vérité les guerrières les plus accomplies qui aient croisé ma route. J'ai eu l'immense privilège d'observer quelques uns des éléments de leur discipline militaire et j'ai rarement eu l'occasion de voir quelque chose d'aussi impressionnant et d'aussi.. létal. Je ne parle pas très bien leur langue, simplement quelques rudiments qui m'ont été suffisants pour communiquer avec la guerrière qui m'a sauvé la vie.

    Evidemment, j'avais bien compris que les Qiang gardaient jalousement leurs techniques et la grande majorité de leur culture à l'abri des autres peuples de Noren. Ce n'était donc pas à moi des les divulguer, et certainement pas un soir dans une taverne de passage.

    - Au risque de vous choquer, je dois vous avouer que j'éprouve un profond respect pour ces femmes qui sont aussi braves que les hommes de nos peuples et qui ont fait de la guerre et de la stratégie les principaux pivots de leur société. Elles ne fonctionnent pas comme les Ivrians, par exemple, et c'est sans doute la raison pour laquelle la guerre dure depuis si longtemps...


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    le Jeu 2 Aoû - 2:45

    Nadrien croisa les bras sur la table, gardant sa pinte froide contre sa paume. Plus il écoutait les réponses qu'on lui offrait, plus il avait besoin d'en savoir plus pour comprendre comment cela était possible. Il écouta et en oublia de boire sa bière. Lorsque Calisto eut répondu à toutes ses interrogations, il resta penseur. Aucun des deux hommes ne parla. Un silence s'installa à leur table, entouré par le brouhaha ambiant.

    « Je ne suis pas choqué. »

    Nadrien parlait calmement, mais il était évident qu'il réfléchissait. Il tentait d'ordonner sa pensée avant de l'expliquer, afin d'éviter tout bredouillement qui le décrédibiliserait aux yeux de cet homme si cultivé.

    « Tout ça me semble si loin de ma vie. Je n'arrive pas à réaliser que cela se passe juste de l'autre côté des montagnes qui forment notre horizon. »

    Il y avait eu la guerre, mais même durant cette période, il n'avait jamais vu de sorcière, seules quelques Qiang marquées, désabusées, toutes aussi pleine de ressentiment envers le territoire matriarcal que le plus chauvin des ivrians. Rares étaient ceux prêts à dire du bien de leurs voisins.

    « Que cherchiez-vous dans la forêt Haï ? De nombreuses histoires existent pour nous dissuader d'y pénétrer. On dit qu'il est impossible de sortir vivant de ce lieu, tant de nombreux esprits Qiang y vivent encore. Cherchiez-vous à mourir ? »

    Il marqua une courte pause, avant d'ajouter par pure politesse :

    « Je vous prie de me pardonner pour mon indiscrétion. »

    IL espérant secrètement que son compagnon du soir réponde tout de même. C'était une vraie question, posée sans jugement. Nadrien avait déjà vu des hommes faire des mauvaises décisions, sûrement sous influence d'un mauvais esprit, dans l'unique but de provoquer leur mort. Bien sûr, personne de sensé n'avouerait avoir cherché à mettre fin à son existence ; il n'obtiendrait que du mépris en retour.

    Ne sachant quoi ajouter, Nadrien but quelques gorgées supplémentaires de sa bière. L'alcool le désinhibant, il repensait à ce qu'on lui avait dit au comptoir. Se pouvait-il que ce voyageur soit un jeune noble en fuite ? La question brûlait ses lèvres mais ces dernières réussissaient à se taire pour le moment.



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